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La diplomatie économique, objet d’un débat organisé par CONECT : pour une vision innovante et une action multidimensionnelle

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Le président de CONECT, Tarek Chérif était ce jeudi très satisfait. Non seulement sa jeune organisation patronale a réuni à son déjeuner-débat un aréopage de chefs d’entreprise de qualité œuvrant à l’international dans ce qu’il aime appeler « l’internationalisation de l’entreprise », mais aussi de hauts responsables politiques anciens et actuels mais aussi il vient de voir deux de ses propositions retenues par le Chef de Gouvernement au cours de son récent remaniement ministériel à savoir la nomination d’un secrétaire d’état à la diplomatie économique, et d’un secrétaire d’état chargé du commerce extérieur même si son ambition est de voir s’installer un ministère plein de cette compétence.

Sous le regard bienveillant du secrétaire d’état aux Affaires étrangères Sabri Bachtobji, la rencontre placée sur le thème : « La diplomatie économique : réalité et perspectives » a démarré sous les meilleurs auspices, son objectif étant d’initier une réflexion sur la stratégie ainsi qu’une vision en matière de diplomatie économique.

Ouvrant le débat, la présidente de CONECT International, Monia Essaidi, a affirmé que l’essor de la Tunisie ne peut se faire sans le renforcement de la diplomatie économique. Ainsi, ce débat est une occasion pour identifier des pistes en vue de l’élaboration d’un plan d’action à court et moyen terme et de définir les actions à entreprendre et à suivre dans l’immédiat. Pour elle, les défis sont importants mais les perspectives prometteuses.

Le président de la CONECT, Tarek Cherif s’est réjoui, quant à lui, de la création de deux secrétariats d’Etat l’un dédié à la diplomatie économique et l’autre au Commerce extérieur, deux entités dont son organisation avait réclamé la création. Il a rappelé que la Tunisie jouit d’une notoriété, une marque d’estime, notamment sur le continent africain. Il faut profiter de cette image positive pour étendre nos marchés, afin de créer de l’emploi et de la richesse , a-t-il affirmé.

L’ancien ministre des Affaires étrangères, Ahmed Ounaïs, a indiqué que la diplomatie économique fait partie des 14 priorités fixées par l’actuel ministre, Khemaïes Jhinaoui, l’objectif étant d’entamer une nouvelle ère de coopération gagnant-gagnant avec les pays africains. Avec l’adoption du plan Afrique, 2017 a été un tournant avec l’ouverture de 2 ambassades et de 5 représentations commerciales sur le continent, a-t-il rappelé. Il a rappelé l’idée de feu Mahmoud Mestiri dans les années 1960 de créer à Tunis un Institut de l’Afrique, estimant que le temps est venu de mettre en application cette idée visionnaire sous l’égide d’une faculté tunisienne en attenant la mise en place de l’Académie diplomatique dont il dépendra. Cette idée d’Institut de l’Afrique africain est fondamentale afin qu’on puisse mettre en place des études stratégiques et de prospection, renforcer la coopération scientifique ainsi que les échanges culturels avec les autres pays du continent.

Le président de l’Association tunisienne des anciens ambassadeurs et consuls généraux, Tahar Sioud, a noté l’émergence d’institutions régionales et la constitution de blocs économiques, dont il faudra tenir compte. Pour lui, la Tunisie doit déployer son réseau dans le monde entier puis l’utiliser pour promouvoir la marque Tunisie, accompagner les entreprises tunisiennes à l’export, tisser des liens entre les entreprises tunisiennes et étrangères et encourager les entreprises étrangères à s’implanter en Tunisie.
Afifa Mallah, ancienne ambassadrice à Amman, a évoqué les efforts des ambassades malgré des moyens très limités à prendre en charge ce qu’on appelle la diplomatie économique qui n’est qu’un élément de la diplomatie qui est selon elle une science, un métier et un art. Pour elle, il faudra renforcer les représentations avec des moyens humains et financiers pour réussir le pari qu’on veut entreprendre.
Partageant son expérience, Karim Aouij, vice-président de la CONECT International, a affirmé que son entreprise a complètement transformée depuis qu’elle s’est orientée vers l’Afrique, son chiffre d’affaires s’étant multiplié. Pour lui, il n’y a pas d’actions coordonnées en Afrique.

Plusieurs intervenants ont pris part au débat. Le président de directoire de l’Amen Bank, Ahmed El Karm a proposé, ainsi, de s’intéresser à l’Afrique en finançant des projets de diplômés tunisiens à la recherche d’un emploi en Afrique, en usant d’une partie du financement de la BTS, de quoi créer une diaspora dans ces pays.
La PDG de la Cotunace Souheila Chabchoub a souligné les difficultés que son institution connaît en Afrique du fait que les ambassades tunisiennes qui couvrent le continent ne disposent de compétences à même de pouvoir l’aider dans ses tâches.
Tarek Cherif s’est interrogé s’il y avait une volonté politique pour déplacer les lignes, notamment en matière de logistique, de traitement fiscal pour les entreprises exportatrices et du tourisme avec l’Open Sky. Il s’est demandé aussi, si ces deux nouveaux secrétariats d’Etat seront gérés d’une manière classique ou pas.

Clôturant le débat , le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, Sabri Bachtobji, a estimé que la création des deux secrétariats d’Etat précités est le couronnement d’un processus initié par le Chef du gouvernement. Il a souligné que la diplomatie économique a toujours été un élément de base du travail même avant que ce concept ne voie le jour auquel on substitue actuellement celui de pointé diplomatie d’entreprise. A l’adresse de Tarek Cherif, il a souligné que le travail au sein de ces deux ministères, selon la vision du Chef du gouvernement ne sera pas classique et devra être innovant.
M. Sabri Bachtobji a expliqué que le côté « nostalgique » ne sera plus suffisant en Afrique et qu’il faudra élaborer un plan stratégique clair. Il a souligné que la diplomatie économique est un travail collectif, puisque plusieurs départements en sont concernés et que le ministère travaille sur le Brand Tunisie et le Soft Power. La diplomatie économique peut jouer un rôle important dans le développement des entreprises à l’international. Mais, il faudra d’abord mettre en place une stratégie opérationnelle et claire, a-t-il souligné.

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