diplomates russes

Diplomatie : plus d’un quart des diplomates russes basés en Suisse seraient des espions

Plus d’un quart des diplomates russes accrédités en Suisse sont des espions, d’après une évaluation confidentielle réalisée pour le Conseil fédéral, à laquelle deux hebdomadaires suisses, Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, ont eu accès. Dans son dernier rapport de sécurité, le Conseil fédéral mettait déjà en garde contre cette situation, sans toutefois nommer un pays en particulier. L’enquête des deux hebdomadaires montre qu’il s’agissait de la Russie. Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a dénombré les agents de renseignement russes opérant sous couverture diplomatique en étant munis de passeports diplomatiques, indique ainsi Le Matin Dimanche.

Les diplomates russes et le personnel accrédités se répartissent entre l’ambassade de Berne et les consulats de Zurich, Lausanne et Genève. Mais l’essentiel des activités de renseignement a traditionnellement lieu à Genève. « On y trouve évidemment beaucoup plus de délégués du Kremlin qu’à Berne », précise Le Matin Dimanche.

Plusieurs opérations d’espionnage russe se sont déroulées en Suisse ces derniers mois, visant notamment le laboratoire d’analyse chimique et biologique de Spiez (laboratoire impliqué dans une enquête sur l’empoisonnement d’un agent double pour les services de renseignement du Royaume-Uni, Sergueï Skripal, et de sa fille) et de l’agence mondiale antidopage à Lausanne.

L’analyste stratégique Suisse Jacques Baud estime pourtant, dans une interview à RTS Suisse, qu’il faut garder le conditionnel : « Ces chiffres sont des estimations et il n’existe pour l’heure aucune preuve qu’ils soient véridiques. Il faut bien comprendre que quand on parle d’espionnage, il faut différencier deux choses : les agents payés par des agences de renseignement mais travaillant sous couverture diplomatique, souvent sans que les ambassadeurs le sachent, et les diplomates considérés comme des espions, à tort, car ce ne sont que les yeux et les oreilles des pays qui les envoient. Ces derniers, quand ils détectent quelque chose, en font état aux Affaires étrangères de leur pays qui, elles, peuvent en communiquer le contenu aux agences de renseignement ».

Mais la situation se crispe entre les deux pays. Le journal suisse 24 heures a indiqué que Berne « a opposé son veto à trois accréditations de diplomates russes pour Berne, Genève et Zurich. Et le Kremlin a fait de même de son côté, se basant sur son principe de la réciprocité ».

Avec RTS Info

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer