Avec la disparition de Si Ismaïl Khelil Mon chagrin est immense

Avec la disparition de Si Ismaïl Khelil Mon chagrin est immense

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Par Tahar Sioud

J’ai appris avec une infinie tristesse et une profonde affliction la nouvelle du décès de Si Ismaïl Khelil,  l’un des maîtres de la diplomatie tunisienne, un ambassadeur d’un immense talent, un ministre hors pair et un homme aux qualités humaines incomparables.

Ma peine est incommensurable. Car Si Ismaïl  comme on aimait l’appeler pour lui témoigner notre affection en même temps que notre respect  était pour moi à la fois le patron bien-aimé, le frère auprès de qui je trouvais conseil mais aussi le camarade qui me couvait d’une sollicitude qui ne s’est jamais démentie.

Je ne connaissais pas Si Ismaïl avant que je ne fus affecté auprès de lui comme son « Second » à l’Ambassade de Tunisie à Bruxelles qu’il dirigeait. C’est là que j’ai découvert ses talents et mesuré ses immenses qualités. Ce furent pour moi des années fécondes à ses côtés. Tout en me faisant aimer la diplomatie, il m’a amené à prendre du plaisir et de l’intérêt à m’intéresser au dossier de l’Europe. Sans le savoir, il m’a inoculé le virus de consacrer presqu’entièrement ma carrière diplomatique à ce dossier. Ce que je ne regrette pas.

Prenant mon envol grâce à lui, j’allais le retrouver ensuite lorsqu’il avait été nommé à la direction générale de la coopération internationale, une fonction qu’il avait marqué de son empreinte. Plus tard,  j’allais avoir la chance de mettre mes pas dans les siens en étant nommé à la tête de l’ambassade de Tunisie à Bruxelles. Son exemple ne m’a jamais quitté. Il était pour moi, parfois inconsciemment, l’inspirateur et le guide.

Dans toutes les hautes fonctions qu’il devait ensuite assumer Si Ismaïl a été toujours égal à lui-même. Patriote sourcilleux, diplomate soucieux des seuls intérêts de son pays, grand argentier à la compétence reconnue et estimée, il ne se détourna jamais de ses principes  quitte à en payer le prix. La considération que lui vouait ses collègues et amis ne s’est d’ailleurs jamais démentie. Il nous était resté proche même s’il n’était pas auprès de nous.

Avec sa disparition, c’est un pan entier de la diplomatie tunisienne qui va disparaître. Il fut avant la lettre un des fondateurs de la diplomatie économique. Son parcours d’ambassadeur à Londres, Bruxelles, Bonn et enfin Washington ainsi que les fonctions qu’il avait assumées comme ministre du Plan et des Finances, Gouverneur de la Banque centrale et ministre des affaires étrangères le prouvent fort bien sans oublier qu’il fut aussi Président directeur général de la compagnie Tunis Air et conseiller auprès de la Banque Mondiale à Washington.

Je pleure un ami, un frère mais aussi un maître. Que ses proches, ses nombreux amis et collègues trouvent dans ces mots l’expression de mon immense chagrin.

Tahar Sioud

Commentaire

  1. Condoléances, avec une tristesse infinie, à tous ses fils et filles spirituels, ses frères d’affection et de respect, qui ont constitué des générations de diplomates passés à divers titres par Bruxelles. Son ombre et son esprit ont toujours plané sur une ambassade passée sous diverses fortunes tout au long des quarante dernières années.
    Paix à son âme et que survive son exemple.

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