Témoignage : Docteur Sadok MOKADDEM Un vétéran de la diplomatie tunisienne

Témoignage : Docteur Sadok MOKADDEM Un vétéran de la diplomatie tunisienne

0
PARTAGER

Docteur Sadok Mokaddem, qui fut membre des deux Gouvernements de Tahar Ben Ammar en qualité de Ministre de la Justice d’août 1954 à septembre 1955 et puis Ministre de la Santé de septembre 1955 à mars 1956, a été chargé au lendemain de l’Indépendance d’effectuer, en tant que Ministre Envoyé Spécial,une longue tournée dans les pays du Moyen Orient pour exposer aux hauts dirigeants des Etats visités les orientations générales de la Tunisie Indépendante et son profond attachement à son identité arabo-musulmane et sa solidarité agissante aux nobles et justes causes du Monde Arabe. Il se rendit, à partir du 30 mars 1956, successivement en Egypte, en Arabie Saoudite, au Liban, en Syrie, en Irak et en Jordanie où il fut reçu chaleureusement par leurs Chefs d’Etat respectifs qui lui assurèrent un très large soutien pour la consolidation de l’indépendance de la Tunisie. Ce périple moyen oriental confirma ainsi que le Monde Arabe constituait le premier cercle de l’action diplomatique tunisienne.
De retour à Tunis, le 28 avril 1956, Docteur Mokaddem a été accueilli à l’aéroport par les membres du gouvernement nouvellement constitué par Habib Bourguiba pour témoigner du grand succès de la mission effectuée. Il se rendit directement chez le Président du Gouvernement Habib Bourguiba ; celui-ci le félicita des résultats obtenus et lui déclara : «j’ignorais vos capacités dans le domaine diplomatique, je savais seulement que vous êtes médecin, venu à la politique en adhérant au Parti et que vous avez assuré des responsabilités gouvernementales dans des domaines techniques».
Trois mois plus tard, en juillet 1956, Docteur Sadok Mokaddem fut nommé premier Ambassadeur de Tunisie en Egypte tout en demeurant membre du Bureau Politique du Part Néo-Destour et ayant pour mission principalement d’assainir tant soit peu les relations tuniso-égyptiennes affectées par l’activisme politique de Salah Ben Youssef à partir du Caire où le Président Nasser, mû par son idéologie et son ambition panarabe, lui accorda refuge et soutien logistique. Cette tâche ne fut pas aisée car la place politique du Caire, étant le centre névralgique du monde arabe, était à l’époque dominée par des enjeux stratégiques à dimensions régionale et internationale à savoir la question palestinienne, la crise du Canal de Suez, la division des pays arabes entre pro américains et pro soviétiques au sujet de la Doctrine Eisenhower ; autant de dossiers complexes et sensibles accentués par l’antagonisme lié à la forte personnalité de deux leaders arabes diamétralement opposés Habib Bourguiba et Gamal Abdel Nasser.

Pas de commentaires

Laisser un Commentaire