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Dr Yosra Messai, une chercheure tunisienne qui fait avancer la recherche sur le traitement du cancer du rein

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Docteur Yosra Messai, jeune chercheure tunisienne en cancérologie à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale-U753-Laboratoire d’Immunologie des Tumeurs Humaines, Interaction Effecteurs Cytotoxiques-Système Tumoral, Institut Gustave Roussy, à Villejuif), consacre ses travaux au cancer du rein. Elle vient de découvrir une piste sérieuse dans le traitement de ce cancer. Ses résultats ont été publiés dans la prestigieuse revue European Journal of Urology, en novembre 2015. Ces travaux ont été qualifiés par la communauté scientifique internationale  « d’apport capital dans la prise en charge des patients atteints de cancer du rein ». Il s’agit de l’intérêt grandissant pour l’immunothérapie chez les chercheurs et les médecins. Yosra Messai explique : « alors que les chimiothérapies ciblent les cellules cancéreuses, les immunothérapies visent, elles, à redonner au système immunitaire les capacités à « se battre » efficacement contre les cellules cancéreuses. Parmi les méthodes développées, celle dite des « check-point inhibitors » a pour but de lever les blocages que la tumeur provoque sur les cellules immunitaires. Le nivolumab est un anticorps monoclonal qui cible spécifiquement ce système de blocage immunitaire PD-1/PD-L1. D’une manière très intéressante cet anticorps « anti-PD-L1 » a démontré une augmentation de la survie globale des patients atteints de cancers rénaux et présentant des métastases. Dans ce contexte, je me suis intéressée au rôle des mutations du gène suppresseur de tumeur VHL (mutations présente dans 70-90 % des patients atteints de carcinomes rénaux à cellules claires) sur l’expression du marqueur PD-L1 au niveau des cellules tumorales rénales. Ces recherches m’ont d’abord permis d’observer une corrélation entre la perte de fonction de la protéine VHL et une expression augmentée du PD-L1 tumoral et ce chez des patients atteints de carcinome rénal à cellules claires et au niveau de lignées tumorales rénales établies au laboratoire. J’ai pu ensuite découvrir les mécanismes de régulation de l’expression de PD-L1 par le gène suppresseur de tumeur VHL. J’ai en effet montré que cette régulation passe via la surexpression du facteur de transcription HIF-2α et j’ai démontré pour la première fois que PD-L1 était une cible directement régulée par HIF-2α. Ces résultats sont d’un apport capital dans la prise en charge des patients atteints de carcinomes rénaux par les nouvelles thérapies immunitaires ciblant les molécules check-point : PD-1/PD-L1 et ont été publiés en décembre dernier dans la revue spécialisée de renommée « European journal of urology ».
Yossra Messai  a toujours été une étudiante brillante. Après un baccalauréat scientifique avec mention, elle a poursuivi des études supérieures en Sciences de la Vie à la Faculté des Sciences de Tunis, couronnées par un Mastère en  « Génétique et biologie moléculaire » avec la mention Très bien. C’est alors qu’elle entame une thèse de doctorat en cotutelle avec l’Université Pierre et Marie Curie à Paris sous la co-direction du Pr Amel Ben Ammar El-Gaaeid et du Dr Salem Chouaib. Sa thèse s’intitule « Etude de la réponse cytotoxique lors de la progression tumorale : rôle de la cytokeratine 18 ». Sa recherche a donc porté sur la réactivité lymphocytaire différentielle vis-à-vis d’une cellule tumorale rénale primitive versus métastatique. Elle a pu mettre en évidence que l’expression de la cytokératine 18 et du facteur de transcription Snail étaient significativement corrélées à la progression des cancers rénaux chez les patients et à un phénotype métastatique, mésenchymateux hautement invasif au niveau des cellules tumorales rénales en culture. Ses travaux ont abouti à deux publications internationales et à l’obtention d’un diplôme de doctorat de l’Université Paris VI et de la Faculté des Sciences de Tunis.
Yosra Messai poursuit actuellement ses travaux de recherche. Elle a notamment effectué plusieurs stages post-doctoraux qui ont porté sur la résistance des cancers rénaux à la lyse par les cellules effectrices du système immunitaire, notamment en élucidant les rôles multifonctionnels de la protéine VHL dans le microenvironnement des tumeurs rénales, et a publié de nombreux articles dans des revues scientifiques internationales.

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