Droits de l’enfant

Droits de l’enfant : Certains Etats devraient « prendre exemple » sur la Tunisie, selon KidsRights

Il existe toujours un écart important entre l’importance affichée des droits des enfants dans le monde et la réalité quotidienne de leur vécu. Même dans les pays développés, la priorité en matière de droits de l’enfant reste insuffisante à ce jour, selon la fondation KidsRights, qui a publié le 13 mai son Indice des droits de l’enfant 2019. Si la politique tunisienne de défense des droits de l’enfant est saluée, l’organisation internationale de défense des droits de l’enfant, qui a réalisé cette étude avec l’université Erasmus de Rotterdam, dresse un constat sévère vis-à-vis des pays développés : « Les résultats du Royaume-Uni et de la Nouvelle-Zélande sont remarquables. Ils se sont classés 170e et 169e sur la liste des 181 pays étudiés », indique-t-on ainsi dans l’étude.

La Tunisie, avec la Thaïlande, se démarque

La Tunisie, elle, est mieux classée que certains pays développés comme l’Australie ou la Norvège. Avec leurs 14e et 15e positions mondiales respectives, la Thaïlande et la Tunisie – qui ressort première dans le classement en Afrique et dans le monde arabe – obtiennent des résultats relativement bons en matière de droits de l’enfant par rapport à leur statut économique. D’après les évaluations du Comité des droits de l’enfant, dans la mesure de leurs capacités et des ressources disponibles, ces pays ont été « particulièrement efficaces pour créer un environnement favorable aux droits des enfants », indique l’organisme international, qui souligne l’importance des nouvelles lois élaborées pour aligner les législations nationales de ces pays sur la CDE (Convention relative aux droits de l’enfant). « La Tunisie a également un faible taux de natalité chez les jeunes adultes », ce qui tend à en faire un pays qui privilégie les politiques de contrôle des naissances et la planification familiale, ajoute la fondation.

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Le fondateur et président de KidsRights et ancien médiateur néerlandais des enfants, Marc Dullaert, s’en félicite. « Les pays performants méritent des éloges. Les pays les moins bien classés peuvent prendre exemple sur l’esprit [des décisions prises par des pays] comme la Thaïlande et la Tunisie », a-t-il déclaré.

Droits de l’enfant et croissance économique : une faible corrélation

C’est l’Islande qui se place au premier rang de ce classement international. Elle est suivie dans le top cinq par le Portugal, la Suisse, la Finlande et l’Allemagne. De leur côté, l’Afghanistan (181e), la Sierra Leone (180e), le Tchad (179e), la Guinée équatoriale (178e) et la République centrafricaine (177e) sont les pays les moins bien classés.

Il est toutefois particulièrement frappant de constater que certains pays économiquement développés, tels que le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, « ne respectent pas les principes de base de la Convention relative aux droits de l’enfant », souligne l’organisme. Ces principes incluent la non-discrimination, les actions mises en place dans « l’intérêt supérieur » de l’enfant ou encore la mise en place d’une infrastructure politique de base pour les droits de l’enfant. Le mauvais classement du Royaume-Uni et de la Nouvelle-Zélande est attribué à la discrimination à l’égard des enfants appartenant à des groupes minoritaires tels que les réfugiés ou les migrants. De même que le fait que les opinions des enfants, en particulier de ceux issus de milieux sociaux défavorisés, ne soient pas « systématiquement pris en compte » dans l’élaboration de politiques sur les questions qui les concernent. KidsRights estime aussi que ces pays octroient des investissements insuffisants dans les mesures visant à promouvoir les droits de l’enfant.

Les pays développés « peuvent et doivent faire plus » pour créer un climat social propice à l’épanouissement des enfants. « J’appelle des pays comme le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande à prendre leurs responsabilités pour améliorer sérieusement la réalisation des principes cardinaux de la CDE », a ainsi déclaré le professeur Benyam Dawit Mezmur de l’Université de Western Cape, également membre du Comité des droits de l’enfant des Nations unies et du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être des enfants.

Les enfants ne bénéficient pas de la croissance économique

La recherche élaborée pour établir l’indice 2019 de KidsRights a également révélé que, dans le monde entier, la croissance économique n’entraîne pas toujours une meilleure mise en œuvre des politiques de valorisation des droits de l’enfant. La Chine, la Birmanie et l’Inde, les trois pays ayant connu la plus forte croissance économique entre 2010 et 2016, ont ainsi vu leur classement dans l’indice KidsRights se dégrader. Selon le Comité des droits de l’enfant des Nations unies, la Chine n’investit pas suffisamment dans les droits de l’enfant. Et en Birmanie, l’éducation est à la traîne : l’Indice montre que les enfants ne sont en moyenne scolarisés que pendant dix ans. En Inde, près de 36 % des enfants de moins de cinq ans affichent un poids insuffisant. « Avec leurs niveaux de croissance économique actuels, ces pays devraient être en mesure d’investir davantage dans la lutte contre ces déficits en matière de droits de l’enfant », insiste KidsRights.

Il est ainsi « choquant » de voir que même dans les pays qui ont connu une croissance économique « substantielle » ces dernières années, la réalité quotidienne des enfants ne se soit pas améliorée, a déclaré Marc Dullaert.

L’Indice des droits de l’enfant de KidsRights est un classement annuel qui mesure le degré de respect des droits de l’enfant dans le monde entier, en particulier les efforts déployés par les 181 pays étudiés pour améliorer les droits de l’enfant.

N.B.

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