Et de deux:La diplomatie parallèle se renforce

Et de deux:La diplomatie parallèle se renforce

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Après la diplomatie « populaire »menée en toute bonne conscience par un grand Parti politique pour “aider à résoudre le conflit libyen” -et que ce journal a commentée en son temps- voici qu’un autre grand Parti tunisien se hasarde sur le même chemin en envoyant une forte délégation rencontrer le Général Khalifa Haftar dans son fief de Benghazi. Les deux missions ont été effectuées, selon leurs initiateurs, en concertation avec les milieux officiels du pays ou, du moins,  » après les avoir dûment informés », mais ces derniers réfutent avoir demandé à l’un ou à l’autre de les mener sans pour autant les renier totalement. »Il n’y a qu’une seule diplomatie » affirme-t-on de toutes parts , mais les contacts conduits par des partis politiques avec des responsables étrangers peuvent aider la diplomatie officielle s’ils sont conduits « dans la transparence ». Personne n’explique le sens de la transparence. S’agit-il d’informer les responsables « après- coup » ou « avant- coup » ? S’agit-il de transmettre un message officiel ou de jouer au « franc-tireur » ? Et surtout, les acteurs politiques qui engagent ces contacts servent-ils exclusivement les intérêts du pays et de la région ou , en premier lieu, ceux de leurs propres partis dans le cadre du jeu démocratique interne?
Certes, d’aucuns n’ont pas manqué de relever que les responsables de la diplomatie tunisienne en ne prenant pas une position claire à l’encontre de la première « percée politico-diplomatique » ne pouvaient logiquement objecter à la deuxième et qu’en le faisant ils ont appliqué un double standard qui trouve son explication dans « l’alliance de fait » qui existe entre les deux premiers Partis politiques du pays. D’autres n’ont pas manqué d’affirmer que la réaction mitigée à l’égard de la visite d’Alger a encouragé la visite de Benghazi et pourrait encourager des visites aussi controversées dans d’autres capitales par d’autres Chefs de Partis, pour le dossier libyen ou pour d’autres, qui pourraient s’accélerer avec la proximité des échéances électorales tunisiennes. Certains, enfin , se sont félicités de voir que le champ de la “diplomatie populaire” ne soit pas laissé ouvert au seul parti de Montplaisir. En tout état de cause, voilà que la diplomatie tunisienne se trouve malgré elle immergée dans les tractations politiques internes! Ceci n’est bon ni pour la diplomatie ni pour le pays.
Dans la mesure où les contacts partisans effectués sont entourés de campagnes médiatiques tout aussi partisanes, qu’il sont presqu’immédiatement rejetés par l’une ou l’autre des parties étrangères concernées et considérés par les autorités officielles tunisiennes comme non sollicitées, l’on peut conclure sans risque de se tromper qu’ils sont improvisés et ne grandissent pas la diplomatie tunisienne. Pourtant, une approche discrète, comme le veut la tradition, peut conduire à des résultats plus tangibles préservant l’honneur du pays et de sa diplomatie. (Ceci ne s’applique pas bien sûr aux contacts que les Partis politiques ont tout le loisir de mener ouvertement avec d’autres Partis de par le monde ni aux contacts effectués dans le cadre de la diplomatie parlementaire qui a tous ses droits). Il est temps de ”mettre le holà ” à une pratique qui risque de s’étendre.

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