Editorial : Il faut savoir raison garder

Editorial : Il faut savoir raison garder

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En publiant son dernier éditorial en date du 16 Aout 2017, décrivant le « monde en ébullition » que nous voyons évoluer sous nos yeux en cette fin d’été, ce journal venait juste de prendre connaissance des propositions que le Président de la République venait de faire dans le but, à ses yeux, de promouvoir la situation de la femme en Tunisie. Les réactions des partis politiques tunisiens et de la société civile venaient de commencer et en se poursuivant avec de plus en plus de véhémence, nos craintes de voir ces propositions, malgré leur importance, diviser le peuple tunisien se sont vérifiées alors que des échéances autrement plus déterminantes attendent le pays pour cette rentrée politique et sociale. Toutefois, les réactions au niveau international, en particulier arabe, ont été surprenantes à plus d’un titre.

Si l’on peut comprendre le désir de certains « hommes de religion » ou certains journalistes arabes de donner leur propre interprétation des textes religieux en rapport avec les propositions du Chef d’Etat tunisien, l’on ne peut par contre accepter que cela donne l’occasion à ces personnes d’accuser la Tunisie ou ses dirigeants de tourner le dos aux préceptes de l’Islam, ni leur offre l’excuse de manquer de respect aux tunisiens et, surtout, aux tunisiennes qui, tout au long de leur histoire ancienne et contemporaine, ont donné au monde, y compris aux pays arabes, des leçons d’attachement à leur identité en même temps que leur ouverture et leur tolérance.

Toutefois, le peuple tunisien a la maturité nécessaire pour ne pas permettre à des commentaires déplacés, voire clairement haineux et arrogants, d’amener certains dans notre classe politique ou dans nos médias à se rabaisser au niveau de ceux qui n’ont pas une grande connaissance de l’Islam, ni de la modernité, ni des règles de respect qui doivent présider aux relations entre nations. Nos hommes politiques et nos intellectuels ont la capacité d’engager avec leurs vis-à-vis, à condition qu’ils soient bien intentionnés, un débat intelligent qui ne peut qu’être utile pour nos peuples et notre religion, tant il est vrai que les pays arabes et musulmans, quels que soient les différends que nous pouvons avoir avec certains d’entre eux, demeurent nos frères et nos partenaires. Il reste, afin que les dégâts soient circonscrits, que notre diplomatie doit prendre d’urgence l’initiative, par des contacts discrets mais fermes, de demander aux pays dont des ressortissants ou des résidents se sont rendus coupables de déclarations portant atteinte à la Tunisie et à son peuple de prendre les mesures punitives nécessaires à leur égard.

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