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Editorial : La disparition d’un journaliste saoudien mérite –t-elle une réaction officielle ?

Le monde est en émoi suite à la mystérieuse « disparition » de M. Jamal Kashoggi, activiste et journaliste saoudien, entré dans les locaux du Consulat de son pays à Istanbul le 02 de ce mois pour « une affaire administrative »liée à son mariage et qui n’a plus donné signe de vie depuis. Cette « disparition »,d’un ressortissant d’un pays dont les dirigeants se sont distingués récemment par des procédures extrêmes dans le traitement des dossiers qu’ils jugent sensibles, survenue dans un autre réputé peu regardant s’agissant des droits de l’Homme, soulève beaucoup d’interrogations auxquelles il ne nous est pas donné de répondre ici.
Il est toutefois un aspect qui mérite notre attention : C’est ce silence assourdissant des gouvernements des pays arabes et musulmans sur une atteinte aussi grave, dans un pays tiers, à la liberté, sinon à l’intégrité physique, d’un homme connu récemment pour ses positions indépendantes et qui lutte pacifiquement et par la plume pour un minimum de justice dans le comportement de son gouvernement à l’égard de ses opposants. Ce silence devient des plus gênants pour les pays qui s’en rendent coupables alors que d’autres, y compris parmi les plus proches de Riadh et d’Ankara, expriment leur inquiétude quant au sort réservé à M. Kashoggi et exigent des deux capitales une « enquête approfondie et transparente ».Ceci est encore plus vrai pour un pays, comme la Tunisie, qui se présente depuis sa révolution comme étant attachée aux normes des droits de l’Homme et de la liberté d’expression.
Certes, en attendant les résultats d’une telle enquête, il ne s’agit pas pour le moment de fixer des responsabilités, mais le fait qu’une personne, en particulier un journaliste de renommée, ne donne pas signe de vie pendant plus d’une semaine après son entrée dans le consulat de son pays est suffisamment grave pour mériter ne serait-ce qu’une réaction officielle. Des communiqués indignés, avaient bien été publiés avec célérité pour exprimer l’appui indéfectible à ce pays soumis à des actes « agressifs » !
Les droits de l’Homme sont universels et indivisibles. Leur invocation, au moment approprié et sans sélectivité, est une obligation qui ne nuit pas en principe aux relations entre pays mais devrait renforcer le sens d’appartenance à une communauté internationale solidaire et humaniste.

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