relations internationales

Editorial : Le moment est-il venu de mettre nos relations internationales au service des zones sinistrées en Tunisie ?

Notre pays vient de connaitre des conditions climatiques particulièrement difficiles qui se sont traduites par des sinistres qui ont touché de nombreuses régions, notamment celles les moins favorisées. Outre les pertes en vies humaines, des infrastructures essentielles pour la population ont été sérieusement endommagées et des propriétés privées, dont des lieux de travail et des exploitations agricoles, ont été rendues inutilisables. Bien que le bilan définitif ne soit pas encore établi, les pertes matérielles sont à n’en pas douter énormes. Le dédommagement des habitants touchés et la reconstruction sur des bases plus durables de ce qui a été détruit s’imposent avec urgence si l’on veut donner aux régions concernées l’espoir de revenir à une vie normale.
L’heure n’est certainement plus aux promesses dont la plupart ne seront pas tenues d’autant plus que, compte tenu des effets des changements climatiques que nous subissons de plein fouet, nous ne sommes pas à l’abri, à brève échéance, de nouvelles précipitations diluviennes devant lesquelles nos barrages et nos cours d’eau seraient impuissants et qui pourraient augmenter la détresse d’une population déjà fortement éprouvée. A moins que l’Etat soit en mesure de consacrer une partie conséquente de ses ressources propres à répondre aux attentes de cette population, dans le contexte économique et politique actuel et au prix de délaisser les autres priorités nationales, il faut se résoudre à trouver promptement d’autres solutions. Et ce n’est certainement pas la création d’un autre fonds national bénévole qui va suppléer à de telles solutions !
Les autorités tunisiennes ont évité à ce jour toute internationalisation de la situation créée par les récentes précipitations. L’étranger l’a bien compris et s’est abstenu d’offrir son soutien et ses services pour aider à y faire face.Ca peut se comprendre, même si dans les traditions diplomatiques l’expression spontanée de solidarité, surtout à l’égard d’un pays frère ou ami dans de pareilles circonstances, est dans la nature des choses. Cependant, le moment est peut être venu, avant qu’une nouvelle épreuve ne se présente à nous, de lancer ouvertement un appel à cette solidarité internationale en ayant recours au tissu de relations internationales dont nous disposons et en laissant à notre diplomatie le soin d’en faire la présentation la plus adéquate qui préserve la dignité et les intérêts de notre pays tout en assurant l’efficacité et la célérité de l’opération. De surcroît, n’est-il pas opportun pour nous de tester les engagements pris à la Conférence de Paris sur le Climat quant aux objectifs d’entraide en la matière ?
Pour qu’une telle démarche puisse réussir, il faudrait établir un dossier clair décrivant avec transparence l’état des infrastructures de base existantes, les dommages qu’elles ont subis et leurs répercussions sur ceux qui sont dans le besoin absolu ainsi que le degré d’exposition de ces infrastructures aux aléas des changements climatiques en cours avec description des travaux urgents qu’elles nécessitent et des mesures d’ordre social qui doivent accompagner ces travaux. L’objectif ne devrait pas être de solliciter un financement lourd pour des projets ambitieux (qui obéissent à des règles et des conditions différentes et souvent complexes) mais des contributions rapides et à des conditions favorables pour des interventions à titre urgent de la part d’institutions régionales et internationales ainsi que dans le cadre de la coopération bilatérale.
La Tunisie et bien d’autres pays avaient eu recours avec succès dans le passé à la solidarité internationale pour sortir d’une situation d’urgence comme celle que nous vivons. Pourquoi s’en passer aujourd’hui ?

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