Editorial : Le monde est –il face à un avenir incertain?

Editorial : Le monde est –il face à un avenir incertain?

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Sans prétendre avoir le don de lire l’avenir, ce journal avait écrit, dans un éditorial du 16 août dernier intitulé « un monde en ébullition » que tous les signes indiquaient que nous vivions une fin d’été 2017 particulièrement perturbée sur le plan du climat et sur le plan des questions politiques internationales, ce qui n’augurait rien de bon pour la rentrée politique, économique et sociale surtout que nous vivons un manque de direction flagrant et une gestion des crises qui se manifeste plus par l’effet d’annonce à travers les réseaux sociaux que par le sens de la mesure et de la diplomatie. Les événements des trois dernières semaines n’ont malheureusement fait que confirmer ces craintes plutôt que les infirmer et ce n’est point faire preuve d’un pessimisme exagéré mais plutôt d’un réalisme responsable que d’attirer l’attention générale là-dessus.

Les craintes pour les équilibres écologiques d’abord, avec l’aggravation de la vague des chaleurs un peu partout dans le monde provoquant des incendies qui ont emporté des milliers d’hectares de forêts et détruit de nombreuses vies humaines. En même temps, des pluies diluviennes et des ouragans ont provoqué des inondations catastrophiques particulièrement meurtrières et coûteuses dans plusieurs régions, les dernières au sud des Etats Unis d’Amérique. Ceci s’est accompagné d’une série d’éboulements de neige non seulement sur les deux extrémités du globe mais jusqu’à des zones réputées sûres comme les hauteurs suisses. L’aspect exceptionnel dans tous ces phénomènes c’est leur ampleur, leur caractère concomitant et le fait qu’ils éloignent un peu plus le monde des cycles climatiques habituels autour desquels la vie humaine, animale et végétale était constituée. Les appréhensions dans plusieurs pays, y compris la Tunisie, quant à un automne et un hiver pauvres sur le plan de la pluviométrie ne font qu’accroître les craintes. Malheureusement, ces craintes ne sont pas généralement partagées notamment auprès des plus puissants qui continuent à agir comme si de rien n’était alors que le danger tape même à leur porte sans qu’ils daignent lui prêter sérieusement attention.

Quant aux relations internationales, les dernières semaines n’ont fait que confirmer la courbe descendante qu’elles avaient prise depuis le début de l’été. Comment ne pas noter à cet égard la détérioration encore plus marquée des relations entre les Etats Unis d’Amérique et la Fédération de Russie avec une atteinte sans précédent aux règles les plus élémentaires dans les rapports entre nations, tels que la préservation des canaux de contact officiel ? La réduction du personnel diplomatique et consulaire des deux côtés et la fermeture de locaux et, en surplus, la levée, dans certains cas, de l’immunité qui leur est reconnue par les conventions internationales, leur fouille systématique et le déplacement de certaines des possessions qu’elles contenaient sont des actions non familières dans les relations entre pays de dimensions réduites ou moyennes, que dire quand elles sont menées par l’une ou l’autre des deux puissances qui prétendent avoir des responsabilités mondiales ? Comment ces deux puissances et d’autres vont-elles confronter, ensemble, le nouveau défi lancé par les expériences nucléaires (voire à hydrogène) et balistiques nord-coréennes qui viennent d’atteindre un niveau non soupçonné ? Le Conseil de Sécurité des Nations Unies qui nous a habitués au vote « à l’unanimité » de résolutions aussi inutiles les unes que les autres pour imposer des sanctions économiques contre le régime nord-coréen, sera-t-il capable d’aller ne serait ce qu’aussi loin au vu des relations exécrables entre Washington et Moscou, alors que la situation exige une entente sur des dispositions communes pour ouvrir un dialogue avec ce régime afin d’éviter le pire? En l’absence d’une telle entente, le locataire de la maison blanche, inexpérimenté comme il est, est laissé sous l’influence exclusive de dirigeants intérieurs et extérieurs plus portés sur la guerre que sur la paix.Par ailleurs, et dans ce climat d’absence de confiance, que faire pour aider à résoudre les autres problèmes mondiaux tels que le conflit israélo-palestinien, les situations en Irak, en Syrie, en Libye, sans parler du drame yéménite qui a atteint au cours des dernières semaines d’autres niveaux dans l’horreur en dépit de l’imminence des rites du Haje?

Dans son éditorial cité ci-dessus, ce journal, attaché qu’il est aux canaux bilatéraux, régionaux et internationaux de dialogue avait vu une lueur d’espoir dans la proximité de la prochaine session régulière de l’Assemblée générale de l’ONU avec la présence de la plupart des leaders mondiaux, pour mener « des concertations utiles sur l’état du monde et sur les voies et moyens d’arriver à un consensus sur les principaux problèmes de l’heure », en ajoutant que « les yeux du monde seront tournés vers le « palais de verre » pour voir si les « leaders » trouveront en eux-mêmes la sagesse en vue d’avancer sur la voie de la paix et de la prospérité pour les générations actuelles et futures au lieu de reculer vers l’abîme de la guerre et de l’extinction ». Aujourd’hui, au moment où le Chef d’Etat de l’un des deux pays les plus influents semble avoir décidé, probablement par dépit, de ne pas faire le déplacement à New York, alors que celui de l’autre semble n’avoir de souci au cours de sa prochaine et première participation à un événement de cette ampleur que d’essayer de convaincre ses pairs de la nécessité de réduire les moyens financiers de l’organisation mondiale, et donc sa marge d’intervention pour la paix et le développement, l’espoir se trouve largement estompé.

Entre la désinvolture de quelques uns et les susceptibilités de quelques autres et le silence coupable de la majorité, le monde semble être destiné à un avenir des plus incertains.

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