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EDITORIAL : Que va faire le monde arabe pour sauver le peuple palestinien ?

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Suite à l’élection de Donald Trump à la présidence américaine, beaucoup d’observateurs, y compris dans les rubriques de ce Journal, se sont demandés si le monde a des raisons de s’inquiéter de cette élection. Si une réponse générale à cet égard doit attendre que le nouveau locataire de la Maison Blanche clarifie ses positions sur d’autres questions internationales, le doute n’est plus permis s’agissant de la question palestinienne et du conflit israélo-arabe à la lumière des positions exprimées au cours de la récente visite du Premier Ministre israélien à Washington.
Le parti-pris de la nouvelle Administration américaine en faveur des extrémistes sionistes qui sont déterminés à avaler ce qui reste des territoires palestiniens n’est malheureusement plus à démontrer et ce n’est pas l’appel lancé, entre deux éclats de rire, par le Président américain, à son hôte pour qu’il « modère » l’appétit de son gouvernement en la matière qui y change grand-chose. La « solution des deux Etats » qui a été le socle des résolutions des Nations Unies depuis 1948 et qui a fini par être acceptée par les Etats Unis d’Amérique depuis la présidence Clinton, n’est plus qu’une proposition aléatoire soumise au bon vouloir des israéliens(qui n’en veulent pas, dans leur immense majorité) et non plus un aspect essentiel de la légalité internationale édicté depuis des décennies par le Conseil de Sécurité de l’ONU dont les Etats Unis d’Amérique sont un membre permanent. Le transfert de l’Ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, ville considérée comme territoire occupé selon le même Conseil, est quelque chose de tout à fait envisageable selon le Chef d’Etat du pays qui s’est toujours dit dépositaire de la volonté de faire respecter le droit international dans le monde. Certes, les « deux amis de longue date »réunis à Washington veulent bien un retour aux négociations bilatérales « sans conditions »entre palestiniens et israéliens mais avec « l’exigence » que l’Autorité palestinienne reconnaisse le caractère juif de « l’Etat israélien » et que ce dernier ait la responsabilité sécuritaire exclusive sur les quelques « bantoustans »qui seront reconnus pour les Palestiniens.
Comment entend-on faire accepter par ces derniers le sort qu’on leur réserve? En renforçant, selon certaines « fuites » orchestrées , « l’alliance »contre nature qui se dessine entre Israël et certains pays arabes de la région, basée sur la fantomatique « crainte commune du danger iranien » à charge pour les pays arabes en question de « convaincre » le peuple palestinien des bienfaits de cette « solution finale » du 21ème siècle, qui rappelle étrangement celle préconisée au siècle dernier par les Nazis pour le peuple Juif. Les victimes d’hier bourreaux d’aujourd’hui ? Et comme pour essayer d’esquiver cette accusation, certains « ultras » israéliens et leurs alliés commencent à concocter des solutions alternatives mais non moins humiliantes pour les Palestiniens, comme celle consistant à les faire installer totalement ou partiellement dans des parcelles voisines qui n’ont rien à voir avec les terres de leurs ancêtres ….
Devant cette évolution des choses, il est légitime de se poser la question suivante : Que vont faire les palestiniens et quelle sera l’attitude des pays arabes qui gardent encore leur dignité ? Que va faire surtout la Ligue des Etats Arabes, bâtie, faut-il le rappeler, sur l’objectif de faire recouvrer par le peuple palestinien ses droits légitimes ? Si la réponse à toutes ces questions est l’indifférence habituelle ou les gesticulations improductives, autant participer à l’enterrement, en toute humilité, de « l’Affaire Palestinienne » et que les arabes et les musulmans fassent le deuil de soixante dix ans de « rêve insensé »et passent à autre chose…..
La Tunisie, qui préside actuellement le Conseil des Ministres arabes des Affaires Etrangères et qui a toujours œuvré pour une issue juste au drame du peuple palestinien dans le cadre de la solidarité arabe et de la légalité internationale, devrait s’atteler, avant qu’il ne soit trop tard, à rétablir cette solidarité et à faire entendre raison à ceux qui semblent être tentés de se départir de cette légalité. La prochaine visite à Tunis du président palestinien Mahmoud Abbés à qui le président Béji Caïd Essebsi vient d’adresser une invitation officielle sera l’occasion d’examiner les voies et moyens d’une action dans ce sens.

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