Abdel Fattah al-Sissi
SIMON MAINA / AFP

Egypte : Abdel Fattah al-Sissi pourra rester au pouvoir jusqu’en 2030

La commission législative du Parlement égyptien a approuvé dimanche 14 avril les amendements constitutionnels sur la question du mandat présidentiel. Une réforme constitutionnelle qui permettrait au président Abdel Fattah al-Sissi de rester au pouvoir jusqu’en 2030.

Le correspondant de RFI au Caire explique que le premier amendement fait passer l’actuel mandat présidentiel de 4 à 6 ans. Le mandat qui devait prendre fin en 2022 se terminera donc en 2024. Le second amendement permet au président Sissi de se représenter pour un seul autre mandat de 6 ans, qui se terminerait ainsi en 2030.

Le projet initial prévoyait de permettre au président de se présenter pour deux nouveaux mandats de 6 ans et de rester au pouvoir jusqu’en 2034. Même si les amendements doivent encore être confirmés par les deux tiers des députés puis par référendum, « nul ne doute de leur adoption », souligne RFI.

Or la majorité présidentielle dispose de plus de 80 % des sièges du Parlement et le « oui » a toujours gagné lors des plébiscites et référendums en Egypte, souligne RFI, ajoutant que la seule inconnue reste le taux de participation. « C’est la raison pour laquelle les autorités ont lancé, depuis deux semaines, une campagne incitant les citoyens à participer au référendum avant même d’en connaître la teneur. »

« Erreur tragique »

Le média d’analyse français Orient XXI estime pour sa part que tout au long des six années qui ont suivi son coup d’Etat de 2013 contre le premier président égyptien civil, « Abdel Fattah Al-Sissi en a orchestré plusieurs autres, politiques, sécuritaires, législatifs, constitutionnels et électoraux ». Pour ce média français, c’est un « putsch constitutionnel » qu’il est en train de préparer afin qu’il lui soit permis de rester en fonction pendant encore de longues années.

Orient XXI estime que le président égyptien a commis une erreur « tragique » car en plus d’accorder aux militaires une « couverture constitutionnelle pour le démettre de ses fonctions », il donne aussi à tous ceux qui s’opposent à lui au sein et à l’extérieur de son régime un « objectif qui comble leurs irréconciliables divisions ». « Sissi pourrait être victime de son propre fait, à l’instar des anciens présidents égyptiens qui ont amendé la Constitution pour consolider leur pouvoir et ont fini par le perdre », analyse encore Orient XXI.

Pour ce méda d’analyse, M. Sissi est pourtant probablement « conscient » des « dangers » que représentent les amendements constitutionnels pour son avenir présidentiel. « Cependant, il est aussi pleinement conscient que s’il se retire en 2022, comme le stipule actuellement la Constitution, il ne sera pas en sécurité. Les rapports des groupes de défense des droits humains égyptiens et internationaux l’accusent d’avoir commis des crimes qui dépassent de loin ceux de Hosni Moubarak, notamment pour avoir supervisé le pire massacre de l’histoire moderne de l’Egypte. Rester au pouvoir est la seule garantie pour lui de conserver son impunité, même si c’est au détriment de l’équilibre délicat qu’il tente de maintenir avec les militaires. »

N.B.

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer