Mohamed Morsi
AFP

Egypte: L’ex-président Mohamed Morsi inhumé au Caire

L’ancien président égyptien Mohamed Morsi a été inhumé ce mardi 18 juin dans le quartier de Nasr City au Caire après que les autorités ont refusé qu’il soit enterré dans le caveau familial de sa ville natale de Charkiya dans le delta du Nil, a annoncé son fils Ahmed Morsi.

L’ex-dirigeant, premier président égyptien élu démocratiquement en 2012 et renversé par l’armée une année plus tard en 2013, a été inhumé dans un cimetière aux côtés d’autres membres des Frères musulmans. La famille de Mohamed Morsi a procédé aux rituels funéraires à l’hôpital de la prison de Tora au Caire, où il était détenu, a encore précisé son fils, cité par l’agence Reuters.

Mohamed Morsi est décédé lundi à l’âge de 67 ans, des suites d’une crise cardiaque intervenue lors d’une audience devant un tribunal du Caire, ont fait savoir les autorités et des sources médicales.

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Le mouvement des Frères musulmans a dénoncé un « meurtre caractérisé » dans un communiqué diffusé sur internet. Selon le parquet, l’ex-président s’est effondré peu après avoir pris la parole devant le tribunal et son décès a été constaté à 14h50 GMT. L’autopsie n’a rien révélé d’anormal, ajoute-t-il.

Selon une source médicale relayée par Reuters, l’ex-chef de l’Etat, qui était diabétique et souffrait d’hypertension artérielle, recevait des soins médicaux dans une clinique privée et à l’hôpital de la police au Caire, niant ainsi les allégations selon lesquelles il avait été privé de services médicaux.

Mohamed Morsi est devenu en 2012 le premier président égyptien élu démocratiquement, un an après la « Révolution du Nil » à l’issue de laquelle a été renversé son prédécesseur Hosni Moubarak. Promettant « une renaissance égyptienne sur des fondements islamiques » respectueuse de la démocratie, il a lui-même été destitué par l’armée un an plus tard, après de grandes manifestations antigouvernementales. Les Frères musulmans et leur sympathisants ont ensuite été les cibles d’une violente répression, qui n’a pas empêché le maréchal Abdel Fattah al Sissi, chef d’état-major de l’armée, d’être élu à la présidence.

« Martyr »

M. Morsi purgeait plusieurs peines de prison, dont une de 20 ans pour son implication dans le meurtre de manifestants en 2012 et une autre à la perpétuité pour espionnage au profit du Qatar, avec lequel il aurait partagé des documents confidentiels. Lundi, il comparaissait dans le cadre d’une autre affaire d’espionnage en raison de contacts jugés suspects avec le Hamas palestinien. Selon des sources proches des services de sécurité, les forces de l’ordre ont été placées en état d’alerte lundi, notamment dans la province de Charkiya. Et d’après son avocat Abdel-Menem Abdel-Maksoud, l’ex-président n’était pas en bonne santé. « Nous avons fait plusieurs demandes de traitement. Certaines ont été acceptées mais pas d’autres », a-t-il déclaré à Reuters.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lui a rendu hommage. « Mettons les doutes de côté. Il est devenu un martyr aujourd’hui (…) Nos prières l’accompagnent », a-t-il déclaré. L’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani, proche des Frères musulmans et de Mohamed Morsi lui-même, a présenté ses condoléances à sa famille « et au peuple égyptien frère », sur son compte Twitter.

Le Hamas a quant à lui salué un serviteur « de l’Egypte, de la nation arabe et de la cause palestinienne ».

Amnesty International a réclamé l’ouverture d’une enquête « impartiale, complète et transparente » sur les circonstances de sa mort et ses demandes de soins. Pour l’ONG, Mohamed Morsi a été victime de disparition forcée pendant des mois après sa détention. « Il a été placé en isolement cellulaire pendant presque six ans, avant de comparaître devant un juge le 4 novembre 2013. […] Au cours de cette période de six ans, il a effectivement été coupé du monde extérieur » et « n’a été autorisé à recevoir que trois visites de sa famille » sans pouvoir consulter un avocat ou un médecin, dénonce l’organisation internationale.

N.B., avec Reuters

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