Elections américaines: Large victoire de Donald Trump face à Hillary Clinton

Elections américaines: Large victoire de Donald Trump face à Hillary Clinton

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Ni les sondages ni les médias ne l’avaient prévu, mais il l’a fait : Donald Trump a remporté, et haut la main, les élections américaines de 2016. Bien que les sondages avaient montré un écart qui se resserrait entre les 2 candidats ces derniers jours, surtout suite aux épisodes des accusations du FBI sur l’affaire des emails, et pour laquelle Donald Trump avait qualifié sa rivale de « candidate la plus corrompue de l’histoire des Etats-Unis », personne n’avait imaginé ce qui est vu aujourd’hui comme une énorme surprise. En effet, tous les observateurs et autres analystes politiques étaient pourtant catégoriques : Hillary Rodham Clinton était en passe de devenir le (la) 45ème Président(e) des Etats-Unis. Le peuple en a décidé autrement : il a voté pour le candidat républicain, représentant le courant ultra-conservateur, mais politiquement inexpérimenté. D’après les derniers résultats, le républicain a remporté 290 grands électeurs sur les 270 nécessaires pour gagner. Sa rivale démocrate en totalise 228.

elections-americaines-large-victoire-de-donald-trump-facehillary-clintonLa victoire de Donald trump se profilait lentement, lorsqu’il a commencé à remporter la plupart des « swing states », ces Etats clés pour le résultat final : la Floride (29 grands électeurs), la Pennsylvanie (20 grands électeurs), l’Ohio (18 grands électeurs), la Caroline du Nord (15 grands électeurs), l’Iowa (6 grands électeurs). Il l’a également emporté dans l’Alaska, l’Arizona, l’Utah, le Montana, l’Idaho, le Wyoming, le Kentucky, l’Indiana, la Louisiane, le Missouri, la Géorgie, la Virginie-Occidentale, le Tennessee, l’Oklahoma, le Mississippi, la Caroline du Sud, le Dakota du Nord et le Dakota du Sud, le Nebraska, le Kansas, le Texas, l’Arkansas, le Wisconsin et l’Alabama. « Make America great again », tel était le slogan de la campagne de Donald Trump, campagne d’une rare violence dans l’histoire des campagnes des présidentielles américaines. L’élection de Donald Trump a été ressentie comme un choc par plusieurs pays et a déclenché un véritable séisme à travers le monde, les uns n’hésitant pas à afficher leur tristesse ou leur indignation, parfois la stupéfaction, les autres leurs félicitations et leur satisfaction, ce qui est en soi assez rare, les dirigeants de beaucoup de pays n’ayant pas l’habitude d’afficher leurs préférences de manière aussi directe et franche. Pour les européens, une nouvelle ère semble se dessiner et les angoisses sont palpables : la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, a affirmé que «les liens UE-USA sont plus profonds que n’importe quel changement politique». Sur l’antenne de la radio française Europe 1, Martin Schulz, président du Parlement européen a tout de même affiché son pessimisme: «Ce sera plus dur qu’avec les administrations précédentes mais il est le président librement élu », a-t-il déclaré. En France, François Hollande a félicité le nouveau président américain «comme il est naturel entre deux chefs d’États démocratiques», alors qu’il avait préalablement soutenu de manière assez vive sa concurrente Hillary Clinton, concédant parallèlement que son élection «ouvre une période d’incertitude» et que «nous devrons trouver les réponses» pour «dépasser les peurs». L’issue de ce scrutin rappelant la surprise du Brexit, les Britanniques ont eux aussi tenu à féliciter Donald Trump : le Premier Ministre Theresa May souhaite maintenir les liens forts qui unissent les deux pays, et Nigel Farage, acteur majeur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne a loué le courage du candidat Trump lors de sa campagne. Des inquiétudes ont été exprimées par quelques-uns, notamment le chef de la diplomatie allemande qui redoute de temps difficiles, inquiétude partagée par le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, qui voit en Donald Trump «le pionnier d’un courant international autoritaire et chauvin», alors qu’Angela Merkel, plus mesurée, veut perpétuer la coopération étroite entre les deux pays. Donald Trump, qui a souvent loué le travail de Vladimir Poutine à la tête de la Russie, a reçu un message de la part de son homologue qui a exprimé «l’espoir que (soit mené) un travail mutuel pour sortir les relations entre la Russie et les États-Unis de leur situation critique». Un optimisme relatif est observé chez certains pays du Proche et Moyen-Orient, comme chez le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi qui veut voir en la présidence de Trump «un nouveau souffle» dans les relations entre les deux pays ; la Turquie souhaite quant à elle «le succès» à Donald Trump et espère que son «alliance avec les États-Unis va se poursuivre». Un optimisme bien plus tempéré cependant en Iran où le président Hassan Rohani a affirmé que Donald Trump, qui menaçait un temps de renégocier l’accord sur le nucléaire iranien, ne pouvait pas «revenir» dessus. Au-delà de ces premières réactions, de nombreuses réponses à ce « choc » et foisonnantes analyses de ces résultats « inattendus » apparaissent. D’après le journal français « Les Echos », les élites se sont montrées incapables de mesurer la colère du peuple américain, et leurs prévisions n’ont pas tenu compte de tous les paramètres entrant en jeu dans cette campagne électorale, envisageant une victoire « facile » de Clinton face à celui qu’ils ont vite qualifié de « fou », d’ « idiot » de « clown » qui n’avait pas un « profil » de président, mais qui a tout de même réussi à le devenir. Celui qui n’a jamais été présenté comme un candidat crédible a été de fait sous-estimé, voire ridiculisé, alors qu’il aura au final reçu la confiance d’une majorité d’américains. Quant à Hillary Clinton, qui pensait bénéficier d’un avantage certain – héritière d’un passé militant, avocate des justes causes dont le féminisme, ancienne sénatrice, Secrétaire d’Etat sous le premier mandat d’Obama- a vu ses chances de gagner se réduire et a été accusée d’être du côté de l’« establishment » et non du peuple, et la diabolisation de son adversaire en a fait le héraut de l’anti-système qu’elle incarne. Par ailleurs, elle a souvent été perçue par de nombreux américains comme autoritaire, trop rigide, et ses soutiens naturels lui ont fait défaut lors de ces élections : les femmes, les hispaniques, et même parmi les démocrates, surtout les jeunes, qui avaient soutenu Bernie Sanders lors des primaires, nombre d’entre eux n’ont pas souhaité voté pour elle. Enfin, en ces temps de crise économique, de lutte contre le terrorisme, nombreux sont ceux qui pensent que la défaite de Clinton est une sanction de sa politique menée lors de son passage dans l’administration Obama -les américains ayant souvent montré leurs aspirations au changement après deux mandats d’un Président qu’il soit démocrate ou républicain- et est également la défaite de la mondialisation : «L’économie mondiale est à la peine et ceux qui en souffrent ont l’impression que la mondialisation en est la responsable», a réagi l’économiste japonais Seiji Katsurahata, après la victoire de Donald Trump qui a séduit les électeurs américains avec un discours virulent contre le libre-échange, notamment. Donald Trump sera donc le 45ème Président des Etats-Unis d’Amérique. Il a affirmé lors de son discours de victoire devant ses fidèles à New York qu’il serait « le président de tous les Américains ». Annonçant de grands travaux et promettant de se mettre au travail pour le bien du peuple américain, il a assuré que les laissés-pour-compte ne seraient plus oubliés et s’est dit prêt à travailler avec tous les pays qui y seraient disposés, afin de privilégier le partenariat plutôt que le conflit. Il devra cependant patienter jusqu’au 20 janvier prochain pour être officiellement investi.

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