harcèlement sexuel
Le siège des Nations Unies à New York © JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Un employé de l’ONU sur trois victime de harcèlement sexuel

Un tiers des employés des Nations unies ont rapporté avoir déjà été victimes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail durant ces deux dernières années, selon une étude inédite à laquelle ont participé plus de trente organisations de l’ONU.

Dans une lettre adressée aux employés, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a salué la réalisation de cette étude, dont les résultats ont été communiqués mardi, déclarant qu’elle contenait « des statistiques donnant à réfléchir et des témoignages [donnant un éclairage] sur ce qui doit changer ».

Une personne sur trois ayant répondu aux questions envoyées au personnel de l’ONU dans le cadre de cette enquête a déclaré avoir été victime au moins une fois de harcèlement sexuel au cours des deux dernières années. Le harcèlement revêt le plus souvent un caractère psychologique : des blagues ou histoires à connotations sexuelles offensantes, des remarques insultantes sur l’apparence et le physique. Mais dans 10 % des cas, il s’agit d’incidents plus graves, tels que des attouchements.

Outre les gestes déplacés, des employés de l’ONU ont déclaré avoir subi « des tentatives visant à les entraîner contre leur gré dans des discussions portant sur des sujets sexuels », selon cette étude réalisée par le cabinet Deloitte en novembre.

Un taux de réponse assez bas mais « suffisant »

Deux harceleurs sur trois étaient des hommes, et un sur quatre était un supérieur ou un cadre occupant un poste important. Près d’un harceleur sur dix était ainsi un haut dirigeant, selon l’étude. Et les femmes hétérosexuelles âgées entre 35 et 44 ans sont les plus exposées au risque de harcèlement dans leur environnement de travail où ont lieu plus de 50 % des incidents reportés, note le média français RFI.

Le questionnaire en ligne a toutefois recueilli un taux de réponse relativement bas, de 17 %, avec 30 364 participants. Mais si ce chiffre paraît relativement faible, il est toutefois « suffisant selon un haut responsable pour tirer des conclusions évidentes : l’ONU a beau être une organisation qui promeut l’égalité, la dignité et les droits de l’homme, elle n’est pas immunisée contre le harcèlement sexuel », analyse encore RFI.

Selon M. Guterres, si les résultats sont comparables à ceux d’autres organisations, les Nations unies, qui défendent l’égalité et les droits humains, doivent faire figure d’« exemple », a-t-il soutenu. En février, les Nations unies ont lancé un service d’assistance téléphonique disponible 24 heures sur 24 à destination des employés confrontés au harcèlement sexuel.

Le phénomène n’est par ailleurs pas nouveau. Le Monde écrit ainsi que “depuis un an, les crises couvaient. Que ce soit à Genève où le patron de l’Onusida, le Malien Michel Sidibé, est accusé d’avoir étouffé des affaires de harcèlement et toléré une culture d’intimidation et d’abus de pouvoir ou à New York où un officiel chargé de promouvoir l’égalité des genres et la jeunesse au sein de l’entité ONU Femmes est accusé d’avoir eu des comportements inappropriés avec au moins huit hommes. Le premier démissionnera au mois de juin à six mois de la fin de son mandat officiel. Le second a été relevé de ses fonctions”.

N.B., avec AFP

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer