En répondant à la question d’un journaliste tunisien, Trump se contredit une...

En répondant à la question d’un journaliste tunisien, Trump se contredit une nouvelle fois

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Donald Trump a contredit toute sa vision du monde et de l’Afrique lors d’une conférence de presse tenue jeudi 12 juillet en marge du 26e sommet de l’OTAN à Bruxelles. Alors que les prises de décision et les points de vue sur le monde régulièrement exprimés par Donald Trump sont toujours décrits comme erratiques et imprévisibles, ils peuvent se résumer dans la formule suivante : selon lui, les Etats-Unis ne sont pas tenus de consacrer des ressources économiques et militaires à des initiatives visant à aider les autres pays au détriment des intérêts et des contribuables américains. C’est cette réflexion qui préside à son opposition au maintien des déploiements de troupes américaines au Moyen-Orient et des exercices militaires en Corée du Sud (une position toutefois contredite par sa volonté de poursuivre l’engagement militaire de son pays en Afghanistan). Ses invectives récurrentes destinées à ses alliés européens qu’il somme de renforcer leurs contributions de défense à l’OTAN vont également dans ce sens.

« Nous cherchons la paix en Afrique »

« C’était un peu hallucinant d’entendre Trump terminer sa conférence de presse à Bruxelles ce matin en contredisant tout cela », commentait le 12 juillet le magazine américain Slate. Sa déclaration a été lancée en réponse à une question « quelque peu difficile à comprendre » d’un journaliste tunisien sur ce que les Etats-Unis pouvaient faire pour aider à résoudre les conflits en Afrique du Nord. La réponse de Trump n’a pas laissé de provoquer la perplexité parmi les commentateurs :

« Nous cherchons la paix. L’Afrique, comme vous le savez, est [en priorité] sur notre liste. Nous voulons la paix partout. Nous voulons résoudre les problèmes. L’Afrique a actuellement des problèmes que peu de gens comprendraient.  Et nous voulons la paix. Nous voulons la paix pour l’Afrique. Nous voulons la paix partout dans le monde. C’est mon objectif numéro un, la paix dans le monde entier. Et nous construisons une armée formidable parce que je crois vraiment qu’avec la force que vous obtenez la paix. Mais, nous allons avoir une armée comme nous n’en avons jamais eu auparavant. Nous avons donné des ordres pour [avoir] les meilleurs avions de combat au monde, les meilleurs navires. Mais, nous espérons que nous n’aurons jamais à les utiliser. Ce serait un rêve. Acheter les meilleurs produits, avoir les meilleurs produits, avoir le meilleur équipement au monde et ne jamais avoir à l’utiliser serait (…) mon rêve. »

Le président américain, qui a qualifié les pays africains de « pays de merde » en janvier, réduit encore une fois tout un continent divers et complexe à un ensemble monolithe envahi par la violence et le désespoir.

« Ce qui saute aux yeux ici, c’est que Trump a passé toute la semaine passée à affirmer à plusieurs reprises que les États-Unis dépensent trop pour des pays qui devraient s’aider eux-mêmes. [Alors que tout d’un coup], il dit avoir pour objectif de créer une armée forte pour résoudre les problèmes et apporter la paix en Afrique. Envoyer des militaires à l’étranger pour résoudre les conflits est précisément ce qu’il a toujours considéré comme étant contreproductif pour son pays », relève le magazine « Slate ». Et d’ironiser sur le comportement fluctuant et déroutant du président : « Peut-être que Trump était juste dans l’improvisation à la fin d’une longue conférence de presse et après une longue réunion. Peu importe, si cela devient une caractéristique régulière de sa rhétorique, rien de ce qui vient de lui n’aura plus de sens. »

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