Photo : AFP

En Tunisie, la renaissance d’un festival électro dans le désert de « Star Wars »

Après trois ans d’absence, Le festival des Dunes électroniques a attiré des milliers de fêtards dans le sud du pays, où les touristes reviennent peu à peu.

Organisé par un hôtelier franco-tunisien, Ali Patrick el Ouarghi, avec l’appui du ministère du Tourisme tunisien, le festival a accueilli cette année une vingtaine de musiciens dont le DJ suisse Luciano, une star internationale, ainsi que le trio parisien Apollonia. Les Dunes électroniques ont été relancées ce week-end à Ong Jmal après trois ans d’absence. Ce festival a attiré, en plus des plusieurs dizaines de DJ internationaux et locaux indiqués, des milliers d’amateurs de musique électronique en plein désert. Un « symbole d’une relance du tourisme dans cette région de l’ouest de la Tunisie », commente le quotidien français Le Monde.

« On avait déjà visité Tunis, mais là on est venus pour le festival », explique Léopold Poignant, 22 ans, venu de Paris pour profiter du festival et visiter la ville voisine de Tozeur. « Il y a quelques gros noms comme Adam Port et Konstantin Sibold, mais c’est aussi pour l’expérience. Tout autour, c’est le décor de Star Wars, et faire la fête au milieu des dunes, c’est vraiment spécial », lance cet étudiant en sciences politiques cité par l’AFP.

Ong Jmal est le plus connu des nombreux sites tunisiens où George Lucas, réalisateur de Star Wars, a tourné des scènes de la jeunesse des Skywalker, en 1976 puis à la fin des années 1990. Les restes du décor du village fictif de Mos Espa attirent des dizaines de milliers de touristes chaque année.

Parmi les plus de 5000 festivaliers, une large majorité de Tunisiens. Anis El Wafi n’était venu dans le sud qu’une journée, avec un groupe, le temps de voir le désert. « Cette fois-ci, on s’arrête aussi pour visiter la région », explique à l’AFP ce coiffeur de Nabeul accompagné d’amis italiens et français.

Un marathon et un festival de cinéma

La révolution de 2011 et une série d’attentats sanglants avaient coûté la vie à des dizaines de touristes en 2015, portant un coup sévère au secteur du tourisme, vital pour l’économie tunisienne. Depuis, les séjours dans le sud, pourtant épargné par ces attaques, ont eu tendance à diminuer, se limitant à des allers-retours d’un jour dans le désert depuis les grands complexes hôteliers de la côte, au désespoir des commerçants de Tozeur.

« Les plus nombreux maintenant, ce sont les Russes et ils n’achètent que de l’eau », déplore Nagga Ramzi, un commerçant dont les revenus ont dégringolé en dix ans : « C’est difficile, car ici il n’y a que les dattes, pour ceux qui en ont, et le tourisme. »

Mais à la faveur d’une amélioration de la sécurité ayant permis un retour important des touristes en Tunisie ces deux dernières années, la région accueille de plus en plus d’événements. Un marathon saharien, Ultra Mirage El Djerid, le Tozeur International Film Festival et un festival de musique soufie, Rouhaniyet, ont été lancés, s’ajoutant à une reprise d’événements plus anciens.

Les hôtels affichent de plus en plus complets et les touristes ont désormais tendance à prolonger leurs séjours. La fréquentation est en hausse pour la troisième année consécutive, souligne le commissaire au tourisme de Tozeur, Yasser Souf. Au 30 octobre, le nombre de touristes a augmenté de 27 % sur un an et le nombre de nuitées de 29 %. Des hôtels rouvrent, les maisons d’hôtes se multiplient et le groupe de luxe thaïlandais Anantara ouvrira fin décembre un palace cinq-étoiles.

Reste à espérer que « ces touristes prennent leur temps » pour se promener, visiter l’oasis et la médina, indique Salah Akkoun, qui peine à gagner sa vie avec sa calèche…

Avec AFP et Franceinfo

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