Photo : ImpresaGreen.it

Eni et le SNDP tunisien vont étendre la culture expérimentale de ricin aux biocarburants

La société italienne privée d’hydrocarbures (Eni) en Tunisie et la Société nationale de distribution des pétroles AGIL SpA (SNDP) ont signé un protocole d’accord pour cultiver le ricin au niveau semi-industriel afin de produire des biocarburants durables. Un processus qui est actuellement testé par Eni dans la région de Gafsa.

L’accord a été signé par le président et directeur général du SNDP, Nabil Zmida, et le directeur du raffinage et du marketing d’Eni, Giuseppe Ricci. « Ce sera le premier exemple au monde de culture non alimentaire semi-industrielle […] afin de générer des biocarburants durables. De plus, une huile végétale respectueuse de l’environnement sera disponible pour remplacer progressivement l’huile de palme, qui sera progressivement éliminée d’ici 2030 », commente l’African Review.

Le protocole d’entente, signé au ministère tunisien de l’Industrie en présence du ministre Selim Feriani, va créer une société commune pour évaluer et étendre la culture expérimentale du ricin, actuellement testée par Eni dans la région de Gafsa Tunisie.

Les recherches et les expérimentations d’Eni dans la région de Gafsa ont impliqué l’Université de Catane (département de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Environnement) dans tout ce qui a trait à la productivité végétale, ainsi que le Technopole de Borj Cedria de la Tunisie concernant les aspects liés à l’agriculture et la géologie de la culture, ainsi que leur durabilité, précise pour sa part le magazine en ligne Biofuels News. « Le résultat de l’expérimentation menée à Gafsa a permis de vérifier les excellents résultats agronomiques obtenus », commente le site d’actualité italien ImpresaGreen.

Développement durable et création d’emplois en Tunisie

Le ministère tunisien de l’Industrie s’est félicité dans un communiqué publié le 3 décembre de cette initiative pour la valorisation des combustibles végétaux. Cet accord « vise à préparer une étude de faisabilité en vue de l’achèvement d’un projet d’évaluation des bio hydrocarbures et de la culture de la plante de ricin dans les zones arides du sud de la Tunisie », écrit le ministère. La plante, convertie en huile végétale, sera destinée à l’exportation en Italie pour être raffinée et utilisée comme additif pour la fabrication de combustibles végétaux. « L’accord permettra également la création de nouveaux emplois en implantant des plants de ricin dans le sud de la Tunisie », le tout en luttant contre « la désertification et en réalisant des objectifs de développement durable », écrit le ministère.

توقيع اتفاقية شراكة بين شركة "عجيل" ومجمع" ايني: لتثمين المحروقات النباتية تم اليوم الثلاثاء 3 ديسمبر…

Publiée par ‎وزارة الصناعة والمؤسسات الصغرى والمتوسطة Ministère de l'Industrie et PME‎ sur Mardi 3 décembre 2019

Une huile originaire de Tunisie

Originaire de Tunisie, l’huile de ricin résiste au climat chaud et sec et à la salinité moyenne de l’eau que l’on trouve dans les aquifères à moyenne profondeur de la région. « En plus de constituer une barrière contre la poursuite de la désertification en créant un microclimat moins extrême, le développement de la culture du ricin dans les zones antérieures au désert est une opportunité de développer une chaîne d’approvisionnement agro-énergétique locale et durable », poursuit le magazine africain.

Comme l’indique la société italienne sur son site Web, la présence d’Eni en Tunisie remonte à l’année 1960, lorsqu’une Convention entre le gouvernement tunisien et Agip SpA a été signée. En 1961, la Société Italo-Tunisienne d’Exploitation Pétrolière (SITEP) a été constituée avec l’Etat Tunisien, à participation paritaire (50 % – 50 %), et en septembre de la même année, SITEP a obtenu l’autorisation d’entreprendre les premières activités d’exploration. « La découverte d’un des plus grands gisements dans l’histoire de la Tunisie en 1964 concrétisa le modèle de réussite du partenariat tuniso-italien. L’exploitation du pétrole en Tunisie est réglementée par des contrats de concessions en accord avec la loi des hydrocarbures », écrit-elle.

De nos jours, Eni est présente dans plusieurs concessions onshore (El Borma, Oued Zar, Adam, Djebel Grouz, Makhrouga, Laarich et Debbech) et concessions offshore (Maamoura et Baraka). Eni maintient sa participation aux investissements dans le secteur pétrolier en Tunisie et entend « valoriser ses partenariats à long terme », en cherchant à « bâtir un avenir où chacun peut accéder aux ressources énergétiques de manière efficace et durable ».

N.B.

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