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Erdogan veut rejoindre le groupe des Brics

Le Président turc a fait part de sa volonté d’adhérer au club des « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), a annoncé dimanche le quotidien turc Hürriyet Daily News. « Nous faisons partie du G20 avec ces cinq pays. [Alors] je voudrais qu’ils étudient les démarches nécessaires pour nous permettre de rejoindre ce groupe et [d’avoir] notre place au sein des Brics », a déclaré le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan, ajoutant que le groupe pourrait désormais s’appeler Bricst. Une annonce loin d’être inopportune puisque le président turc a été invité au dixième sommet des Brics, qui s’est déroulé du 25 au 27 juillet à Johannesburg, et que ce pays d’Asie mineure ne cesse d’explorer des voies alternatives de coopération économique et de prendre une posture de puissance régionale.

Selon le chef de l’Etat turc, les membres des Brics ont d’ailleurs positivement réagi à cette proposition : « La Chine a déclaré qu’elle était favorable à l’élargissement » du club des cinq, a poursuivi M. Erdogan, qui estime qu’il existe un grand potentiel de partenariats avantageux pour toutes les parties, notamment dans le secteur économique et des projets de développement.

Une adhésion « pas envisageable » à court terme

Le média russe Sputnik estime que la Turquie a des chances de rejoindre ce club : « Le fait qu’Erdogan ait été invité au 10e sommet annuel des Brics à Johannesbourg témoigne en faveur d’une telle possibilité. » Interrogé par le journal russe, le journaliste turc Okay Deprem abonde dans ce sens, estimant que « tôt ou tard, les Brics entreront dans une phase d’élargissement. Il s’agirait par conséquent d’accepter dans ce groupe des pays émergents faisant partie du G20, et en premier lieu la Turquie. »

Cette perspective d’une adhésion de la Turquie au groupe des Brics n’est toutefois pas envisageable à court terme. Vladimir Poutine a en effet déclaré lors de ce sommet que l’élargissement des Brics n’était pas actuellement à l’ordre du jour, sans pour autant écarter complètement cette possibilité. « Nous n’avons pas l’intention pour l’instant d’augmenter le nombre des membres des Brics, a affirmé le maître du Kremlin. Cela ne signifie toutefois pas que l’organisation est close et que les portes sont fermées. C’est simplement une question qu’il va falloir analyser minutieusement. » Sputnik rappelle à cet égard qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, de règles claires définissant les procédures d’élargissement des Brics à d’autres pays, ni de critères d’exigence établis déterminant, notamment, les obligations que doivent remplir les possibles candidats à une adhésion aux Brics.

Un « sérieux choc pour l’UE et les Etats-Unis »

Si elle était effectivement actée, une entrée de la Turquie dans le club des « Brics » pourrait faire grincer des dents du côté de l’Occident. « Sur le plan géopolitique, aucun pays de la région n’est capable de remplacer la Turquie, c’est pourquoi l’adhésion d’Ankara au groupe avec un axe Russie-Chine serait un sérieux choc géopolitique pour l’Europe et les Etats-Unis », selon un analyste russe relayé par Sputnik. Celui-ci a expliqué que l’éventualité d’une entrée de la Turquie au sein des Brics est à mettre en perspective avec les objectifs géopolitiques de ce groupe, qui consistent essentiellement à faire bloc contre l’ordre mondial « unipolaire » en vigueur en donnant la possibilité aux pays émergents de « se faire entendre sur la scène mondiale », de diversifier leurs partenaires économiques et de faire contrepoids au FMI et à la Banque mondiale « dont se servent les Etats-Unis et l’Europe pour renforcer leur influence sur les autres pays ».

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