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Les espaces de co-travaux en Tunisie : une nouvelle tendance des startups lancées par les jeunes tunisiens

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Après la révolution de 2011, le problème du chômage surtout parmi les jeunes diplômés s’est imposé comme l’un des principaux problèmes du pays qui freinent le développement économique.
Face à la crise, plusieurs jeunes tunisiens ont tenté de lancer leur propre business malgré la difficulté du climat juridique et économique et le manque de financement. Ces essais se sont surtout révélés fructueux dans le domaine du digital et des hautes technologies via l’émergence des startups.


Avec les startups, la conception du travail, de la collaboration et du financement s’est vue progressivement changée. La décoration de l’espace du travail, son architecture et son importance dans le développement de l’entreprise n’ont cessé de prendre de l’importance. En Tunisie, six espaces de co-travaux ont émergé depuis la révolution, quatre à Tunis, un à Sousse et l’autre à Djerba.


A titre d’exemple, citons la Startup Haus, qui a ouvert ses portes en mars 2016, au cœur du centre-ville dans l’immeuble El-Fath, à deux pas de la station de la République. Organisé à l’européenne, de manière simple et chic, avec beaucoup de couleurs, du bon goût, l’espace inspire harmonie et confort dans un esprit de modernité. Les ingénieurs graphistes, designers et informaticiens travaillant dans un esprit d’équipe, mangeaient de temps à autre des pâtisseries et buvaient du thé et du café autour d’une table du style scandinave. Le langage, mélange d’arabe, d’anglais et de français reflète bien l’ambiance internationale des lieux et l’ouverture des jeunes collaborateurs.
Dans la région du MENA, le secteur a été longtemps monopolisé par les écosystèmes entrepreneuriaux dans les États du Golfe, en Égypte et en Jordanie.

Aujourd’hui, la jeunesse tunisienne tend à s’imposer, notamment via les espaces coopératifs. Cette tendance s’est renforcée depuis le sommet annuel de coopération pour les entrepreneurs dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, qui a été organisé en Tunisie en 2015 et 2016.



Miriam, responsable de la Startup Haus, a confié à Al-monitor.com, qu’il y a eu « un boom depuis 2011 ». Bien que le cadre juridique n’ait pas été mis à jour depuis quelque temps, ce qui empêche de favoriser le financement par des banques nationales, le secteur ne cesse d’évoluer.

Ainsi, ce sont les compétences des jeunes tunisiens qui attirent le financement et l’intérêt étranger et permettent de stimuler le marché. Hivos International, une organisation néerlandaise, a ouvert un bureau tunisien axé sur la promotion de l’esprit d’entreprise des jeunes. Haus, quant à elle, est soutenue par deux organisations allemandes, Impact Tunisie et la Fondation Westerwelle.

Khouloud Talhaoui, 27 ans, est développeuse chez Iris Technologies. Elle loue un espace chez Haus. La jeune femme explique qu’elle croit fermement dans l’esprit d’entreprenariat et qu’après la révolution la créativité n’a fait qu’accroitre grâce à la liberté.
En Tunisie, l’excédent des jeunes instruits implique des emplois moins traditionnels. Le taux de chômage global est de 15.5% et celui des jeunes est de 42%. Les espaces de co-travail normalisent l’esprit d’entreprise, offrent une option plus souple et moins coûteuse qu’un bureau et, surtout, participent à l’épanouissement d’une communauté d’individus partageant les mêmes idées et centres d’intérêts.


«J’adore travailler avec les autres dans un espace où chacun a sa place», a déclaré à Al-Monitor Housem Zouaghi, un ingénieur multimédia de 25 ans. Zouaghi a étudié au Canada avant de revenir en Tunisie pour créer sa startup de jeu, qui s’est maintenant développée dans la publicité et le design web. Zouaghi a commencé avec deux employés, après cinq mois seulement, il a embauché six personnes de plus.

Comme d’autres espaces de co-travaux dans le monde, Haus accueille des ateliers, des sessions de formation et des conférenciers. Creativa, un autre espace du même genre dans la banlieue nord de La Marsa, a organisé des sessions de Feng shui. Ces espaces cultivent la culture du partage et de l’entreprenariat, notamment grâce aux événements ouverts au public. Les jeunes impliqués voient davantage l’avenir comme prometteur et, Souaghi comme Talhaoui, n’ont « aucune raison de partir ».


N.B

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