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Etats-Unis : incidents après le meurtre par la police d’un Afro-Américain

L’Afro-Américain George Floyd a été asphyxié par plaquage ventral par un policier blanc, Derek Chauvin, lors d’une arrestation musclée. Une bavure policière qui démontre une nouvelle fois la persistance du racisme systémique et de la violence policière aux Etats-Unis, et vient s’ajouter à une liste devenue trop longue d’autres actes de violence raciste qui ont visé des Américains noirs tout au long de ces derniers mois et années. Devenue une affaire judiciaire, la mort de Floyd a immédiatement provoqué une vive polémique dans le pays et à l’international et de violentes protestations à Minneapolis (Etat du Minnesota).

Des heurts ont opposé dans la nuit dernière, à Minneapolis, forces de l’ordre et manifestants. Ces derniers étaient sortis protester pour la deuxième nuit consécutive contre la mort de George Floyd, après son arrestation violente par la police. Le 25 mai 2020, Floyd avait été interpellé, menotté dans le dos et conduit sans résistance vers une voiture de police à Minneapolis.

Le chef de la police de cette ville du Minnesota avait demandé aux manifestants de garder leur calme pour éviter que ne se reproduisent les débordements de la veille. Mais des échauffourées ont quand même éclaté dans la nuit après que certains manifestants ont mis le feu à un magasin puis pillé une boutique non loin d’un commissariat où travaillaient, avant leur limogeage mardi, les officiers accusés du meurtre de George Floyd.

Emeutes

Le gouverneur du Minnesota Tim Walz a demandé aux manifestants, dans un message publié sur son compte Twitter mercredi soir, à quitter la zone, mettant en garde contre la « situation extrêmement dangereuse » qui s’y développait.

Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a de son côté évoqué la possibilité de mobiliser la garde nationale. Alors qu’incendies et pillages se poursuivaient dans la nuit près du commissariat, un homme est décédé après avoir été touché par balle à proximité des manifestations, a annoncé la police qui a arrêté une personne.

Les quatre policiers impliqués dans l’interpellation de George Floyd ont été relevés de leur fonction mardi mais laissés en liberté, tandis qu’une enquête a été ouverte. Le maire de la ville s’est d’ailleurs demandé mercredi « pourquoi l’homme qui a tué George Floyd [n’était] pas en prison ». « Si des personnes de couleur avaient fait ce que policier [blanc] a fait lundi soir, elles seraient déjà derrière les barreaux. C’est pourquoi aujourd’hui j’appelle le procureur du comté de Hennepin [comté de l’Etat du Minnesota], Mike Freeman, à inculper l’officier chargé de l’arrestation dans cette affaire », a-t-il également écrit sur son compte twitter.

Des manifestations pacifiques ont pris place dans deux autres endroits de la ville, notamment sur le lieu où est mort George Floyd, afin de rendre hommage à cet Afro-Américain de 46 ans. La vidéo de son arrestation brutale est devenue virale partout dans le monde, suscitant messages de soutien et pluie de commentaires outrés. Aux Etats-Unis, les appels à ce que justice soit faite se sont multipliés. La famille de George Floyd a réclamé mercredi que les policiers impliqués soient inculpés de meurtre. « Car c’est exactement ce qu’ils ont fait, ils ont commis un meurtre contre mon frère », a affirmé sur la chaîne NBC sa sœur, Bridgett Floyd, qui a estimé que leur licenciement n’était « pas suffisant ».

Des vidéos contredisent la version de la police

Filmée par une passante lundi, une vidéo de l’arrestation montre un policier plaquer au sol George Floyd en fixant pendant plusieurs minutes son genou sur le cou de l’homme appréhendé. On y voit l’Afro-Américain se plaindre des douleurs provoquées par la brutalité de cet acte et répéter : « Je ne peux pas respirer ». On y distingue également un autre policier essayant de tenir à distance des badauds qui commençaient à s’emporter devant la scène, alors que Floyd ne bougeait plus et semblait inconscient.

George Floyd n’opposait aucune résistance

De nouvelles vidéos semblent contredire la thèse avancée par la police selon laquelle George Floyd, soupçonné d’avoir tenté d’écouler un faux billet de 20 dollars, aurait résisté à son interpellation. Sur des images captées par les caméras du restaurant devant lequel l’homme a été appréhendé, il a les mains menottées dans le dos et n’oppose aucune résistance quand un policier le conduit vers une voiture de patrouille.

Sans les images diffusées sur les réseaux sociaux et les médias, les policiers « auraient donné une fausse version des faits et ils auraient planqué ça sous le tapis », a dénoncé à l’AFP Benjamin Crump, avocat de la famille du défunt.

Racisme systémique

La mort d’Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York dans les mêmes conditions, après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs, a contribué à la naissance du mouvement médiatisé Black Lives Matter (« La vie des Noirs compte »), qui avait suscité nombre de témoignages et de critiques virulentes contre les pratiques racistes de la police aux Etats-Unis. D’autres arrestations musclées et décès d’Afro-Américains par la police avaient également provoqué de vives controverses ainsi que des émeutes dans le pays.

La phrase répétée par Floyd avant de rendre son dernier souffle, « Je ne peux pas respirer » (« I can’t breathe »), est devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter et a été sans cesse scandée par les protestataires de Minneapolis.

N.B., avec agences

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