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Un avis de fermeture a été installé à l'entrée du bâtiment des Archives nationales, le 22 décembre à Washington. PHOTO ANDREW CABALLERO-REYNOLDS, AGENCE FRANCE-PRESSE.

Les Etats-Unis se préparent à un long « shutdown »

Depuis samedi, des administrations américaines ne peuvent plus être financées et devraient dans les jours qui viennent réduire leurs activités. Ce, phénomène, appelé « shutdown », pourrait durer jusqu’en janvier. Les raisons pour lesquelles les Etats-Unis se préparent ainsi à affronter une longue période de fermeture des administrations fédérales s’expliquent par l’échec des négociations au Congrès sur le financement voulu par le président américain Donald Trump de construire un mur à la frontière mexicaine. « Il est très possible que le shutdown aille jusqu’au nouveau Congrès » qui doit se réunir le 3 janvier, a dit le directeur du Budget à la Maison Blanche Mick Mulvaney, dimanche 23 décembre sur Fox News.

Les négociations qui concernent le budget fédéral, suspendues samedi, doivent reprendre le 27 décembre. Les démocrates reprendront début janvier le contrôle de la Chambre des représentants après leur victoire électorale lors des élections de mi-mandat en novembre, alors que les républicains resteront majoritaires au Sénat, ce qui augure de la difficulté des négociations entre les deux chambres. Avec actuellement 51 sièges sur 100 au Sénat, et deux supplémentaires à partir de janvier, les républicains ne disposent pas des 60 voix nécessaires pour l’adoption d’une loi budgétaire.

Le président américain a réaffirmé dimanche sa ferme volonté d’obtenir les 5 milliards de dollars pour la construction d’un mur destiné à réguler l’immigration clandestine, l’un de ses principaux combats de campagne. « La seule manière de stopper les gangs, la drogue, le trafic d’êtres humains et beaucoup d’autres choses qui arrivent dans notre pays, c’est un mur ou une barrière », a-t-il déclaré sur son compte Twitter.

« Un combat monté en épingle »

L’opposition démocrate, qui refuse de voter ce volet du projet, propose d’allouer 1,3 milliard de dollars à l’amélioration du système de surveillance frontalier. « Les démocrates nous ont offert 1,6 milliard de dollars il y a deux semaines, puis ont offert au président 1,3 milliard cette semaine », a dit Mick Mulvaney sur la chaîne ABC. « C’est une négociation qui semble se diriger dans la mauvaise direction », a-t-il affirmé.

Faute de budget, de nombreux ministères et agences gouvernementales ont fermé leurs portes samedi matin, laissant environ 800 000 fonctionnaires en congé sans solde ou, pour les services jugés essentiels, forcés de travailler sans être payés aux échéances régulières. Mick Mulvaney, nommé secrétaire général par intérim de la Maison Blanche à partir de janvier, a néanmoins précisé que tous les employés fédéraux seraient payés jusqu’au 28 décembre. Ce n’est qu’à partir de cette date que leurs salaires seront susceptibles d’être affectés par le shutdown, a-t-il souligné.

Certains élus, y compris dans le camp républicain, dénoncent le jusqu’au-boutisme du président. « C’est un combat monté en épingle pour que le président fasse croire qu’il se bat », a estimé sur CNN le sénateur du Tennessee Bob Corker, qui va quitter la Chambre haute. « Même s’il gagne, nos frontières ne seront pas sûres », a-t-il souligné.

Un record de 21 jours en 1995-96

Le shutdown affecte des départements importants comme la Sécurité intérieure, qui gère les frontières, la police fédérale, les transports, le Trésor ou l’Intérieur, qui supervise les parcs nationaux très visités pendant les fêtes, comme le Grand Canyon. Sur le National Mall à Washington, où sont situés des musées, monuments et mémoriaux, les sites en plein air étaient accessibles dimanche mais pas les toilettes publiques, explique France Info. D’autres sites comme le centre pour visiteurs de la Maison Blanche, étaient fermés. La Statue de la Liberté doit toutefois rester ouverte au public car le financement de ses opérations est assuré par l’Etat de New York.

Ce blocage budgétaire est le troisième de l’année, après janvier (trois jours) et février (quelques heures), survenus également en raison de la question migratoire. Le précédent, en octobre 2013, avait duré 16 jours, loin toutefois du record de 21 jours de 1995-96.

N.B., avec AFP et France Info

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