Maison Blanche
Elizabeth Warren, Kamala Harris, Kirsten Gillibrand, Tulsi Gabbard AFP

Profil des femmes démocrates qui briguent la Maison Blanche

Dans un Parti démocrate sans réel porte-voix, ce sont des femmes qui ont ouvert le bal des candidatures à la Maison Blanche ces dernières semaines. France 24 en a dressé la liste, composée de profils aussi charismatiques que disparates qui témoignent notamment de la polarisation idéologique qui caractérise aujourd’hui le paysage politique des Etats-Unis.

Kamala Harris, une « Obama au féminin »

C’est la dernière candidate démocrate en date aux Etats-Unis : Kamala Harris, 54 ans, a la mandature suprême en ligne de mire. « La sénatrice californienne a fait son annonce lundi 21 janvier, un jour férié en hommage au héros des droits civiques assassiné Martin Luther King. Une manière symbolique de souligner ses origines, jamaïcaine et indienne, pour celle qui est souvent comparée à l’ancien président Barack Obama », indique France 24, ajoutant que comme Obama, Mme Harris n’en est qu’à son premier mandat de sénatrice, mais se lance pourtant déjà dans la course à la présidentielle. « Si elle était élue en 2020, Kamala Harris serait la première femme, mais aussi la première Afro-américaine et la première Américaine d’origine asiatique à devenir présidente », commente le média français.

Pour les primaires, Kamala Harris peut compter sur le soutien de l’Etat qui l’a élue sénatrice il y a deux ans, la Californie, fief de la résistance à Donald Trump. Elle y a fait carrière comme procureure, jusqu’à devenir la première femme élue procureure générale de l’Etat en 2010. Durant cette période, elle s’est notamment illustrée par son combat contre le trafic sexuel. Elle doit cependant composer avec les critiques qui lui sont faites en raison de sa fermeté envers les prévenus et pour son soutien à la peine de mort.

Une fois passée l’étape des primaires, ces prises de position pourraient convaincre certains républicains modérés, même si elles lui aliènent l’aile gauche du Parti démocrate. Plutôt centriste, Kamala Harris n’en est pas moins critiquée par l’aile la plus progressiste de son camp. Son ralliement tardif à certains thèmes chers au socialiste Bernie Sanders, à l’assurance santé universelle ou à la légalisation du cannabis, est perçu par certains comme de l’opportunisme en vue de sa candidature à la Maison Blanche.

A-t-elle des chances de l’emporter ? Mme Harris s’est en tout cas illustrée en commission judiciaire du Sénat, où elle a posé des questions pertinentes et insistantes, notamment lors de l’audition de Brett Kavanaugh. « Son échange musclé avec ce juge accusé d’agression sexuelle, qui sera tout de même confirmé à la Cour suprême, est resté dans les annales », rappelle France 24. Candidate à prendre au sérieux, elle a déjà, seulement vingt-quatre heures après l’annonce de sa candidature, levé 1,5 million de dollars auprès de 38 000 donateurs pour sa campagne.

Elizabeth Warren, adulée par la gauche du Parti démocrate

Elizabeth Warren, figure bien connue chez les démocrates, a créé, le 31 décembre dernier, un « comité exploratoire » en vue d’une candidature aux primaires. La sénatrice du Massachusetts, en poste depuis 2013, est issue d’une famille modeste et a grandi dans l’Oklahoma. Proche des idées de Bernie Sanders, à qui elle a emboîté le pas sur la question du rejet de l’establishment et de la corruption au sein du gouvernement, cette ancienne professeur de droit à Harvard a fait de Wall Street son principal ennemi.

Elizabeth Warren est très appréciée par la gauche du Parti démocrate, contrairement à Kamala Harris. « Toutefois, dans une Amérique plus polarisée que jamais, cet engagement ultra-progressiste peut lui coûter cher, certains républicains n’hésitant pas à la taxer d’’élitiste gauchiste’. Donald Trump ne l’épargne pas non plus. Il la surnomme depuis plusieurs mois ‘Pocahontas’, une allusion à ses origines amérindiennes qu’elle a tenu à prouver en publiant un test ADN. La tribu Cherokee n’a pas apprécié », écrit France 24.

Kirsten Gillibrand, défenseuse de #MeToo

Kirsten Gillibrand a annoncé sa candidature le 15 janvier, promettant de mener un combat sans relâche pour que « la santé soit un droit, pas un privilège », pour « de meilleures écoles publiques » et pour la classe moyenne, ainsi que contre le « racisme institutionnel » et la « corruption à Washington ».

Cette sénatrice de l’Etat de New York est une voix puissante du mouvement #MeToo contre les violences sexuelles. Elle a notamment appelé le démocrate Al Franken à démissionner du Sénat après des accusations portées contre lui de conduite inappropriée, s’attirant les foudres de certains dans son parti. Elle s’est aussi battue pendant des années pour promouvoir les candidatures féminines en politique.

Certains n’hésitent toutefois pas de qualifier cette ancienne avocate d’affaires d’opportuniste. D’abord très modérée (elle fut jadis pro-armes à feu, ferme sur l’immigration et proche de Wall Street), Kirsten Gillibrand a adopté des positions de plus en plus progressistes à partir de 2009, devenant par la suite une opposante farouche à Donald Trump qu’elle attaque fréquemment sur Twitter.

Tulsi Gabbard, la candidate controversée

« A 37 ans, Tulsi Gabbard est la plus jeune des candidates démocrates jusqu’ici et serait la plus jeune présidente du pays si elle remportait la présidentielle de 2020. La représentante d’Hawaï, en poste depuis 2013, est proche des idées de l’aile gauche du parti. Elle a soutenu Bernie Sanders en 2016. Parmi ses thèmes de campagne : l’accès à la santé, la réforme du système de justice criminelle ainsi que la lutte contre le changement climatique », explique France 24.

Ancienne militaire, elle revendique une approche non-interventionniste dans les dossiers internationaux. Elle est toutefois critiquée pour avoir rencontré le dirigeant syrien Bachar al-Assad en janvier 2017.

Elle a également essuyé des critiques pour ses commentaires passés sur les homosexuels et son opposition au mariage pour les personnes de même sexe dans les années 2000. Elle s’est excusée depuis. « J’ai été élevée dans un foyer très conservateur, avec des opinions et des croyances que je n’ai plus aujourd’hui. Comme beaucoup dans ce pays, mes vues ont évolué », s’est-elle récemment justifiée à CNN.

N.B., avec France 24

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