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Fitch Ratings : perspectives négatives pour le secteur bancaire tunisien en 2019

Les perspectives du secteur bancaire en Tunisie en 2019 sont négatives, en raison de celles de liquidités toujours tendues, de coûts de financement en hausse et d’une activité économique en berne, indique Fitch Ratings dans un communiqué de présentation de son rapport d’analyse prospective sur le secteur bancaire dans les pays d’Afrique francophone.

Le manque de liquidités est le problème le plus urgent pour les banques tunisiennes et il est peu probable que les banques tunisiennes en assouplissent sensiblement l’offre en 2019. Les dépôts des clients, principale source de financement bancaire du pays, ne suivent pas la croissance des prêts et le ratio prêts / dépôts du secteur bancaire est à la hausse (de 131 % fin juin 2018).

La Banque centrale de Tunisie introduira une limite de 120 % sur les ratios prêts / dépôts des banques à partir de décembre 2018, ce qui devrait ralentir la croissance des prêts. « Mais cela ne résoudra pas le problème de la faiblesse des entrées de dépôts en raison de la faible confiance du public dans les banques, de l’inflation élevée et des craintes d’une nouvelle dépréciation du dinar », indique l’agence Fitch Ratings.

De nombreuses banques dépendent de la banque centrale pour leur financement. Plus de 40 % des titres détenus par le secteur sont donnés en nantissement à la banque centrale et les lignes de la BCT représentaient environ 13 % des actifs du secteur à la fin du premier semestre 2018. La banque centrale tient à réduire cette dépendance, qui risque d’accroître la pression sur les liquidités, pointe l’agence internationale.

Les banques tunisiennes sont exposées à de nouvelles hausses de taux d’intérêt. Les taux débiteurs sont plafonnés, tandis que les coûts de financement pourraient augmenter à mesure que l’émission d’obligations devient plus chère et que les taux de dépôt rémunérés augmentent (bien que la prédominance des dépôts non rémunérés en atténue l’impact). Le taux de la banque centrale est passé de 4,25 % à 6,75 % depuis la fin du premier trimestre 2017.

Le ratio prêts improductifs / total des prêts du secteur bancaire tunisien est élevé par rapport aux normes internationales et les améliorations depuis 2015 pourraient s’inverser en 2019 en raison de tensions sur l’environnement économique et le climat des affaires. « Les efforts de la banque centrale pour restreindre le crédit pourraient entraîner une augmentation du nombre de prêts douteux, les emprunteurs constatant qu’ils ne sont pas en mesure de les renouveler, et une éventuelle hausse des taux d’intérêt pourrait rendre plus difficile le service de la dette. Les secteurs les plus risqués sont le crédit à la consommation, l’hôtellerie et l’immobilier », assure Fitch Ratings.

« La réforme du secteur bancaire en Tunisie, entreprise conjointement avec le FMI, reste lente. De nouvelles exigences de fonds propres prudentiels seront imposées en 2019 afin de prendre en compte certains aspects du risque de marché. Mais il faudra probablement plusieurs années avant que le contrôle bancaire tunisien atteigne un niveau qui améliorerait considérablement la qualité de crédit des banques », estime l’agence de notation financière.

N.B.

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