Flous et incertitude sur la politique étrangère des USA

Flous et incertitude sur la politique étrangère des USA

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Beaucoup d’incertitudes planent sur l’orientation de la politique étrangère américaine. La campagne électorale de Donald Trump a laissé entrevoir des changements par rapport à l’administration précédente, sans que cela ne soit vraiment clair et précis. Le vice-président Mike Pence, le secrétaire d’État Rex Tillerson et le chef du Pentagone Jim Mattisont essayé ces derniers temps d’arrondir les angles suite aux déclarations pour le moins controversées du Président américain, mais pour autant, rien ne semble se clarifier quant aux intentions de Donald Trump.
L’OTAN
En effet, ses déclarations sur l’OTAN par exemple, laissent perplexe : l’Alliance atlantique a tantôt été qualifiée d’ « obsolète », tantôt de « très importante ». Ce qui a quelque peu semé la confusion auprès des chancelleries européennes. Le message de Mike Pence et Jim Mattis, à la conférence sur la sécurité de Munich et à Bruxelles, a été à double tranchant. Autant, l’engagement américain auprès de ses alliés est «inébranlable», autant l’Europe doit payer plus. Jim Mattis a invité Bruxelles à revoir à la hausse la participation militaire européenne, menaçant de modérer l’engagement européen si cela n’était pas respecté. Ces derniers n’ont pas refusé le principe, mais ont tenu à préciser que les dépenses militaires ne devaient pas être le seul facteur, l’aide au développement ou l’accueil des demandeurs d’asile étant autant de mesures coûteuses et nécessaires pour la stabilité mondiale et la sécurité transatlantique.
La Russie et l’Ukraine
Les volontés de rapprochement avec la Russie, martelé par Donald Trump lors de sa campagne, semblent se modérer légèrement suite à la démission du conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, accusé d’avoir menti sur ses relations avec la Russie. Sur le dossier particulièrement sensible de l’Ukraine en particulier, les Européens craignant un expansionnisme russe, M. Pence a appelé Moscou à respecter les accords de paix de Minsk.
«Sachez que les États-Unis continueront de demander des comptes à la Russie, même si nous cherchons des terrains d’entente. Comme vous le savez le président Trump pense que (les deux sont) possibles», a déclaré M. Pence.
Par ailleurs, aucun élément n’a pu filtrer de ce que pouvait entendre Donald Trump par la notion d’ « entente » ou de « rapprochement » éventuel entre les deux pays.
Pour sa part, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, présent aussi à Munich, appelait lui les États-Unis à une relation «pragmatique» et réclamait un «nouvel ordre mondial» débarrassé de la domination occidentale.
L’UE et le Brexit
En Europe, le flou reste encore palpable pour d’autres questions qui n’ont pas été abordées ou dont aucune réponse claire n’a été fournie par les responsables américains venus en Europe, notammentla question de la position pro-Brexit de Donald Trumpqui avait pour le moinstroublé les états membres, le soupçonnant de vouloir l’implosion de l’Union européenne.
Les plus cyniques osent même dire que le flou reste le personnage de Donald Trump lui-même : une grande inconnue, on ne sait s’il va tenir ses promesses ou revenir sur ses décisions. A ce propos, John McCain a admis que comprendre Trump était difficile, affirmant : «Je pense que le président fait des déclarations et parfois se contredit. Alors du coup, on a appris à faire attention à ce que le président fait plutôt qu’à ce qu’il dit».

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