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FMI : Perspectives économiques sombres pour la région MENA

Les sanctions américaines contre l’Iran, conjuguée à l’instabilité politique et à la volatilité des prix du pétrole, affectent la croissance des économies de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), a estimé hier le Fonds monétaire international (FMI).

Dans ses perspectives économiques régionales, le FMI indique que les perspectives de croissance des pays de la région MENA se sont « assombries en raison des incertitudes » liées aux conflits et à une croissance en berne. Une situation qui pourrait affecter la confiance des investisseurs, « ce qui entraînerait des fuites de capitaux et des pressions sur les taux de change », avertit le FMI.

Selon cet organisme, l’économie de l’Iran, le troisième plus grand producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), devrait encore se contracter de 6 % cette année après une croissance négative de -3,9 % en 2018. Le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Jihad Azour, a néanmoins déclaré à l’AFP que la projection de -6 % avait été faite « avant que Washington ne supprime des dérogations aux sanctions, ce qui fait que l’économie de l’Iran pourrait se contracter davantage ».

1,3 % de croissance en zone MENA

En raison de l’évolution de la situation en Iran, deuxième économie de la région après celle de l’Arabie saoudite, les économies des pays exportateurs de pétrole de la région MENA ne devraient croître que de 0,4 % en 2019, contre 0,6 % l’année dernière. Les pays importateurs de pétrole devraient connaître une croissance de 3,6 % cette année, contre 4,2 % en 2018. Celle des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) devrait s’améliorer légèrement, passant de 2 % en 2018 à 2,1 % en 2019. Les économies des pays exportateurs de pétrole non membres du CCG devraient se contracter de 1,7 % cette année après s’être contractées de 1,1 % en 2018, « principalement en raison de la situation en Iran », explique l’AFP.

Selon le FMI, la croissance de la région MENA devrait rester faible, à 1,3 % cette année, contre 1,4 % en 2018. L’institution souligne que la croissance dans la région est freinée par les conflits, la corruption, la lenteur des réformes, l’endettement et les fluctuations des prix du pétrole. « Les tensions sociales s’aggravent dans un contexte de ralentissement de la croissance et de lassitude à l’égard des réformes, menaçant la stabilité macroéconomique », note le FMI.

Réformes urgentes

En raison des mouvements de contestation qui ont éclaté en 2019 en Algérie et au Soudan, de la situation au Yémen et de la poursuite des combats qui se déroulent entre formations rivales en Libye, les réformes dans la région MENA sont devenues plus urgentes que jamais, a estimé M. Azour. Il a souligné la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole et de créer des emplois pour les jeunes. « Pour les exportateurs de pétrole, il est important qu’ils soient moins dépendants de la volatilité des prix du brut et qu’ils diversifient leurs économies », a alerté M. Azour. Mais les réformes sont également importantes pour les importateurs de pétrole en raison d’un niveau d’endettement croissant qui a atteint plus de 80 % du PIB en moyenne.

Cité par l’AFP, M. Azour a jugé que les programmes de réformes devraient avoir pour objectif de construire des économies capables de créer des emplois et de réduire la dette. Selon lui, la région MENA, en plus du Pakistan et de l’Afghanistan, devrait créer quelque 25 millions d’emplois au cours des cinq prochaines années simplement pour maintenir les taux de chômage à leurs niveaux actuels.

N.B., avec AFP

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