Fonds monétaire arabe

Fonds monétaire arabe : un taux de croissance de 3 % en 2019 pour les pays arabes

Le Fonds monétaire arabe (AMF) vient de publier l’édition d’avril du rapport « Perspectives économiques arabes », qui comprend des projections sur les performances macroéconomiques des pays arabes en 2019 et 2020.

Le rapport indique que l’économie mondiale et le commerce international devraient ralentir en 2019 et 2020 en raison des tensions négatives, des incertitudes politiques et de la hausse du niveau des dettes publiques. Il souligne ainsi la nécessité d’une coordination des politiques mondiales de haut niveau pour surmonter les risques, éviter un ralentissement marqué de l’économie mondiale et parvenir à un système multilatéral mondial plus complet, plus flexible et plus réactif. « Une coordination des politiques mondiales de haut niveau est également nécessaire pour renforcer la capacité des pays avancés et des pays en développement à atteindre les objectifs de développement durable, en particulier à réduire la pauvreté, à atténuer les changements climatiques et à assurer la durabilité des systèmes de consommation et de production. »

Un taux de croissance de 3 % dans le monde arabe en 2019

Selon ce rapport, « le taux de croissance des pays arabes devrait atteindre environ 3,1 % en 2019 et 3,4 % en 2020. Les économies arabes exportatrices de pétrole continueront de croître d’environ 2,8 % et 3,1 % en 2019 et 2020 ». Le taux de croissance des pays du Conseil de coopération du Golfe devrait atteindre 2,7 % en 2019 et 3 % en 2020, reflétant le rebond du secteur non pétrolier, soutenu par plusieurs facteurs, notamment l’impact positif des stratégies à long terme adoptées pour accroître encore la diversification économique et la poursuite des réformes visant à améliorer le climat des affaires.

Les économies importatrices de pétrole ont plus de chances de continuer à se développer, grâce aux programmes de réforme économique en cours visant à atteindre des taux de croissance économique élevés afin de créer davantage de possibilités d’emploi et d’améliorer la productivité et la compétitivité. En conséquence, la forte croissance des pays importateurs de pétrole devrait se maintenir à 4,1 % et 4,3 % respectivement en 2019 et 2020.

Chômage élevé chez les jeunes et les femmes

Mais le rapport souligne la nécessité pour les pays arabes de créer davantage de possibilités d’emploi compte tenu du taux de chômage élevé, qui est presque le double de la moyenne mondiale. Les taux de chômage sont très élevés chez les jeunes et surtout les femmes. Selon la Banque mondiale, le taux de chômage des jeunes a augmenté pour atteindre 26 %, soit deux fois plus que la moyenne mondiale, tandis que le taux de chômage des femmes se situe au plus haut niveau mondial, à 40 %, contre 15 % pour la moyenne mondiale. Pour les auteurs du rapport, le défi du chômage nécessite un changement radical de la structure des économies arabes en vue d’entamer la phase essentielle de l’économie du savoir et de la connaissance.

Ainsi, la mise en place d’observatoires de l’éducation est très importante pour explorer les besoins des marchés du travail et orienter les systèmes d’éducation de manière à répondre aux futurs besoins du marché du travail. Le rapport prône par ailleurs une intégration plus poussée dans l’économie mondiale pour « accroître la mobilité des échanges commerciaux, de la main-d’œuvre et des flux de capitaux, créant ainsi plus de possibilités d’emploi ».

Le taux d’inflation devrait atteindre respectivement 9,3 % et 8,1 % en 2019 et 2020. Dans les pays arabes exportateurs de pétrole, l’inflation devrait tomber à 6,1 % et 5,9 % respectivement en 2019 et 2020.

Politiques monétaires affectées par celles des pays développés

Les politiques monétaires dans les pays arabes seront affectées en 2019 et 2020 par la politique monétaire des Etats-Unis et de l’Union européenne, « où la normalisation de la politique monétaire devrait [impacter] les conditions financières des pays arabes qui adoptent des régimes de taux de change fixes ». Une situation qui aura une « incidence sur le coût des emprunts intérieurs et extérieurs et sur les flux de capitaux ». Dans les pays arabes dotés de régimes de taux de change plus flexibles, l’amélioration des conditions monétaires restera liée à la poursuite de l’amélioration de la demande extérieure, ce qui soutiendra les avoirs extérieurs nets et réduira les pressions sur les marchés des changes.

En matière de politique budgétaire, le déficit budgétaire consolidé par rapport au PIB des pays arabes devrait atteindre environ 5,5 % du PIB en 2019, ce qui reflète l’impact positif de la poursuite des réformes budgétaires. Les programmes de réforme budgétaire adoptés dans les pays arabes continueront de viser à renforcer et à diversifier les sources de recettes publiques, à rationaliser les dépenses étatiques et à prendre des mesures à moyen terme visant à réduire le déficit budgétaire et à assurer la viabilité de la dette. En conséquence, un certain nombre de pays arabes devraient rétablir l’équilibre budgétaire d’ici à 2023, précise le rapport.

N.B.

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