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Photo prise le 22 février 2019/REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa.

Gaza : Un rapport de l’ONU pointe de possibles crimes de guerre israéliens

Des enquêteurs des Nations unies ont déclaré jeudi que les forces de sécurité israéliennes étaient responsables de “possibles” crimes de guerre et crimes contre l’humanité en abattant 189 Palestiniens et en en blessant plus de 6100 autres, lors des manifestations du vendredi l’an dernier à la lisière de la bande de Gaza.

La commission indépendante a déclaré disposer d’informations confidentielles sur ceux qu’elle pense être responsables de la mort et de la mutilation de ces Palestiniens. « Les forces de sécurité israéliennes ont tué et mutilé des manifestants palestiniens qui ne constituaient pas une menace imminente de mort ou de blessures graves pour autrui lorsqu’ils ont été visés, et qui ne participaient pas non plus directement à des hostilités », ont déclaré les enquêteurs dans leur rapport présenté jeudi à Genève. « Certaines des violations du droit international humanitaire et des droits humains commises peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité et doivent immédiatement faire l’objet d’une enquête par Israël », a déclaré le président de cette commission indépendante, Santiago Canton. Les enquêteurs ont aussi expliqué avoir « trouvé des motifs raisonnables de croire que des tireurs d’élite israéliens ont tiré sur […] des enfants et des personnes handicapées, sachant qu’ils étaient clairement reconnaissables comme tels ».

“Théâtre de l’absurde”, jugent les autorités israéliennes

Les autorités israéliennes ont de leur côté évoqué un « théâtre de l’absurde », jeudi, à propos de ce rapport des Nations unies, rapportent plusieurs médias, dont RFI. L’Etat hébreu juge en effet le rapport « partial ».

 

Pour le ministre israélien des Affaires étrangères par intérim Israel Katz, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a « accouché d’un nouveau rapport hostile, mensonger et biaisé contre l’Etat d’Israël […]. Nul ne peut dénier à Israël le droit à l’autodéfense et l’obligation de défendre ses ressortissants et ses frontières face à des attaques violentes », a-t-il réagi dans un communiqué.

Des manifestations se tiennent depuis la fin mars 2018 chaque vendredi à la lisière entre la bande de Gaza et Israël, en faveur d’un assouplissement du blocus israélien du territoire palestinien et de la reconnaissance du droit des réfugiés palestiniens à regagner leurs régions d’origine en Israël.

France Info explique que la commission, avec laquelle Israël n’a pas coopéré, a procédé à 325 entretiens avec des victimes, des témoins et des sources et recueilli plus de 8000 documents. « Elle a aussi eu accès à du matériel audiovisuel, dont des enregistrements réalisés par des drones », ajoute le média français.

Cette commission d’enquête avait été mise en place en mai 2018 par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU pour « enquêter sur les violations et mauvais traitements présumés […] dans le contexte des assauts militaires menés lors des grandes manifestations civiles qui ont commencé le 30 mars 2018 » à Gaza.

N.B.

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