Golan
Louai Beshara, AFP

Golan : Les Etats-Unis isolés à l’ONU

Les Etats-Unis se sont retrouvés isolés mercredi pour défendre la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan lors d’une réunion du Conseil de sécurité. La décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan a été unanimement condamnée par les 14 partenaires des Etats-Unis à l’ONU lors de cette réunion convoquée urgemment à la demande de la Syrie.

« Mépris du droit international » et « violation des résolutions de l’ONU », cette « reconnaissance est nulle et non avenue », a ainsi asséné Vladimir Safronkov, l’envoyé adjoint russe aux Nations unies. Une position partagée par nombre de chancelleries, de la Belgique à l’Allemagne en passant par le Koweït, la Chine, l’Indonésie, le Pérou, l’Afrique du Sud ou la République dominicaine. Toutes ont en effet contesté cette annonce unilatérale en totale rupture avec le consensus international observé jusqu’ici.

Mercredi, l’ambassadeur israélien à l’ONU Danny Danon a affirmé que « pendant 19 ans, la Syrie avait utilisé le Golan comme une position avancée contre Israël ». « Aujourd’hui, c’est l’Iran qui veut mettre ses soldats sur les bords de la mer de Galilée. Israël n’acceptera jamais que cela se réalise et il est temps que la communauté internationale reconnaisse que le Golan restera sous souveraineté israélienne pour toujours. »

Toutefois, le fait que la Syrie ait demandé cette réunion d’urgence a été considéré comme « cynique » alors que le gouvernement syrien « viole » lui-même les résolutions de l’ONU, « a bombardé des écoles et des hôpitaux » et « utilisé des armes chimiques » contre son peuple, a par exemple souligné l’ambassadeur allemand aux Nations unies, Christoph Heusgen.

Unis pour la Fnuod

« Le Golan est un territoire syrien occupé par Israël » et « nous demandons que le territoire du Golan soit libéré », a asséné le représentant permanent du Koweït à l’ONU, Mansour Al-Otaibi. Tout en disant soutenir le droit d’Israël à assurer sa sécurité, les Etats-Unis ont en revanche abondé dans le sens de leurs partenaires du Conseil de sécurité en jugeant nécessaire le maintien sur le Golan de la Force des Nations unies pour l’observation du désengagement (Fnuod). « Alors que la décision de Donald Trump aurait pu avoir comme conséquence logique une demande de fin de mission », explique l’AFP.

Le décret signé lundi par le président américain « n’affecte pas l’accord de désengagement du Golan de 1974 et ne met pas en péril le mandat de la Fnuod », a affirmé un diplomate de la mission américaine à l’ONU, Rodney Hunter. « La Fnuod continue d’avoir un rôle vital pour préserver la stabilité entre Israël et la Syrie », a-t-il insisté après avoir toutefois déploré des activités militaires dans la zone-tampon du Golan que sont censés empêcher les Casques bleus. « Les Etats-Unis sont préoccupés par les rapports de l’ONU sur des activités militaires continues et la présence de forces armées syriennes dans la zone-tampon » et « par les informations sur une présence du Hezbollah » libanais dans cette zone, a-t-il avancé. La Fnuod compte un millier de Casques bleus, dont le mandat vient à échéance en juin.

L’ONU « humiliée »

« La Syrie condamne la reconnaissance de Donald Trump » qui revient à « torpiller le droit international et à humilier les Nations unies », a dénoncé l’ambassadeur syrien à l’ONU, Bashar Ja’Afari.

Espace stratégique notamment en raison de sa richesse en eau, le plateau du Golan avait été conquis en 1967 par Israël lors de la guerre israélo-arabe et annexé en 1981. Plusieurs résolutions de l’ONU attribuent au plateau un statut de « territoire occupé » illégalement par l’Etat hébreu. La décision de Donald Trump fait suite à sa reconnaissance en 2018 de Jérusalem comme capitale d’Israël, qui avait déjà suscité une indignation mondialement partagée. Dès mardi, à l’occasion d’une réunion sur le Proche-Orient, l’ambassadeur français François Delattre avait mis en garde contre les entorses aux consensus internationaux. Les fondements d’un climat de paix durable au Proche-Orient, sur lesquels s’est entendue la communauté internationale, « ne sont pas des options ou un menu dans lequel il serait possible de piocher à sa guise », avait-il fait valoir.

N.B., avec AFP et Le Matin

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