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Golan : la Syrie demande une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU

Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait prochainement ouvrir une discussion sur la souveraineté sur le plateau du Golan. La Syrie, qui exige la restitution de ce plateau annexé par Israël, a demandé une réunion d’urgence suite à la décision américaine de reconnaître la souveraineté de l’Etat hébreu sur ce territoire.

La question a ressurgi brusquement avec la décision des Etats-Unis, lundi, de reconnaître la souveraineté d’Israël sur ce territoire occupé. L’AFP explique que mardi, des sources diplomatiques ont fait savoir que Damas avait demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

La présidence du Conseil, assurée en mars par la France, doit maintenant fixer une date pour organiser cette réunion. Si elle ne peut être tenue avant le dimanche 31 mars, il reviendrait alors à l’Allemagne, qui prend la présidence du Conseil lundi, d’en déterminer la date.

Il est possible qu’un vote de procédure, que peut toujours demander un des quinze membres du Conseil, empêche l’organisation de cette réunion, relève un diplomate cité par l’AFP. Pour cela, le pays demandeur doit recueillir neuf voix. Lors d’un vote de procédure, aucun veto n’est possible.

Exaspération

Mardi matin, lors d’une réunion mensuelle consacrée à la question israélo-palestinienne, plusieurs membres du Conseil ont laissé apparaître leur exaspération face au choix des Etats-Unis d’opérer une nouvelle fois une rupture du consensus international. Des résolutions de l’ONU attribuent en effet à ce territoire un statut de « territoire occupé » illégalement.

Cet “accord de paix”, que les Américains devraient présenter à l’issue des élections du 9 avril en Israël, inquiète les diplomates occidentaux, ceux-ci redoutant que les Etats-Unis ne s’affranchissent une nouvelle fois “des paramètres déjà agréés par la communauté internationale”, explique RFI. « Ces paramètres ne sont pas des options ou un menu dans lequel il serait possible de piocher à sa guise ; ils sont, pris dans leur ensemble, le socle incontournable de tout plan de paix et de toute négociation à venir », a ainsi déclaré François Delattre, le représentant permanent de la France aux Nations unies.

Des Etats dénoncent la politique du « fait accompli » conduite par Washington, qui avait déjà décidé en 2018 de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël, rompant avec le consensus international. Les cinq pays européens membres du Conseil ont rappelé dans une déclaration solennelle qu’ils ne reconnaissaient pas la souveraineté de l’Etat hébreu « sur les territoires occupés par Israël depuis juin 1967, incluant le plateau du Golan ». « L’annexion d’un territoire par la force est interdite par le droit international », ont-ils réaffirmé. « Toute déclaration sur un changement unilatéral de frontière va à l’encontre des règles sur l’ordre international et la Charte des Nations unies. »

RFI explique par ailleurs que les diplomates craignent aussi que cette reconnaissance violant les textes internationaux ne serve de précédent pour justifier d’autres annexions comme en Crimée par exemple.

N.B., avec AFP et RFI

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