Guerres commerciales, sanctions contre l’Iran, Sahel… les points à retenir du sommet du G7

Le G7 a rassemblé ce week-end, à Biarritz, les dirigeants français, américain, britannique, allemand, italien, canadien et japonais. Ces derniers ont pu « librement se promener, bavarder, dîner, monter des escaliers, marcher sur la plage (voire piquer une tête pour le Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson) et surtout, comme dans tout ‘club’ qui se respecte, se fâcher », explique le journal français Libération, qui propose un retour sur les dossiers qui ont agité les discussions entre les chefs d’Etat et de gouvernement du G7.

L’Iran en invité surprise

Dimanche après-midi, les Iraniens apparurent à Biarritz, alors qu’aucun média n’en avait été prévenu. « Il aura fallu l’alerte d’un site de surveillance du trafic aérien, qui a repéré l’arrivée de l’avion du ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, pour que leur présence soit révélée », souligne le quotidien français. Le ministre iranien n’était pas officiellement invité au G7, mais il a rencontré son homologue français, Jean-Yves Le Drian, pendant trois heures.

« Cette visite impromptue de Zarif constitue un surprenant coup diplomatique de Macron, qui s’échine à sauver ce qui peut l’être de l’accord sur le nucléaire iranien » depuis que Donald Trump s’en est retiré en mai 2018, poursuit Libération. A l’époque, le président français n’avait pas réussi à empêcher son homologue américain de réimposer des sanctions économiques à l’Iran et aux entreprises étrangères qui continueraient de conclure des accords commerciaux avec la République islamique. « Il essaie désormais d’amorcer une désescalade des tensions, en se plaçant en médiateur. Après avoir multiplié les échanges avec Hassan Rohani, le président iranien, et Donald Trump cet été, il avait dépêché son conseiller diplomatique Emmanuel Bonne à Téhéran, avant d’inviter Zarif à l’Elysée vendredi », écrit le journal français. Paris travaillerait à une suspension temporaire des sanctions pétrolières, « le temps de négocier sur l’un des trois ‘axes’ (la question du nucléaire après 2025, la capacité balistique de l’Iran et sa politique régionale) qui n’étaient pas couverts par l’accord de Vienne et qui pourraient poser les bases d’un nouveau texte, plus large, qui satisferait Washington ». « Je sais qu’Emmanuel veut bien faire, comme tous les autres, mais personne ne parle pour les Etats-Unis à part les Etats-Unis eux-mêmes », avait cependant tweeté Trump le 8 août.

M. Zarif est reparti de Biarritz dimanche soir, sans avancée notable. « Le chemin est difficile, mais ça vaut la peine d’essayer », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Coup de projecteur sur le Sahel

Au sommet du G7, Macron a annoncé un nouveau « partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel » en vue « d’élargir le rayon d’action » d’un G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) et « d’associer plus largement » la communauté internationale, à commencer par les membres du G7, a-t-il dit. En créant avec Berlin l’Alliance Sahel, qui viserait à coordonner les initiatives d’aide au développement, en juillet 2017, le président français était allé chercher quelques partenaires (l’Allemagne et l’UE, notamment). « Il entend maintenant faire gonfler son enveloppe et mutualiser le fardeau, financier et militaire, d’une crise humanitaire et sécuritaire qui s’éternise », analyse Libération.

La Russie : pomme de discorde ?

Le retour de la Russie dans un format G8 dont elle est exclue depuis 2014 après « l’invasion de la Crimée » « n’est pas pour demain ». Les sept dirigeants se sont ainsi entendus sur la nécessité de « renforcer le dialogue et la coordination » sur les crises actuelles avec la Russie, tout en estimant qu’il était « trop tôt » pour la réintégrer. Pourtant, avant le sommet de Biarritz, Trump et Macron avaient affiché des opinions divergentes sur le sujet. Le premier s’était dit favorable à la réintégration de la Russie, estimant que c’était « bien plus sensé » de rappeler dans l’équipe G8 « un joueur clé » pour discuter de l’Iran ou de la Syrie. Le second, qui a reçu Vladimir Poutine une semaine avant le sommet au fort de Brégançon, a lui jugé « pertinent qu’à terme » la Russie puisse revenir, à condition « qu’une solution soit trouvée en lien avec l’Ukraine sur la base des accords de Minsk ».

Climat et reforestation 

« Répondre à l’appel de l’océan et de la forêt qui brûle », avait annoncé Macron, qui a plaidé pour une réduction de la vitesse des navires pour atténuer l’impact du transport maritime sur l’environnement. Une proposition qui ne fait pas l’unanimité, le transport maritime, qui assure 90 % du commerce mondial, ne contribuant qu’à hauteur de 3 % des émissions de carbone de la planète, rappelle Libération. « Macron a également appelé à réduire les déchets de l’industrie textile, responsable de 8 % des émissions de CO2. Malgré le climatosceptique en chef Trump, les dirigeants du G7 ne pouvaient pas non plus faire l’impasse sur les incendies qui ravagent l’Amazonie. Face aux appels à l’aide, lancés notamment par la Colombie, le chef d’Etat français a appelé à une « mobilisation de toutes les puissances » pour lutter contre les feux et investir dans la reforestation. »

Taxes

Donald Trump a « douché » les espoirs d’apaisement dans la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine. Alors que les représailles tarifaires depuis mars 2018 ont encore connu une nouvelle escalade vendredi (la totalité des 550 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis seront frappés de surtaxes d’ici la fin de l’année), le président américain a indiqué dimanche matin qu’il pourrait « assouplir sa position ». « J’y réfléchis à deux fois, comme sur tous les sujets. » « Mais, dans la foulée, rétropédalage de sa porte-parole », explique Libération. Celle-ci a déclaré : « Sa réponse a été très mal interprétée […]. Il regrette de ne pas avoir encore plus relevé les droits de douane. »

Les retombées de la guerre commerciale entre les deux géants économiques suscitent de plus en plus de craintes de récession de la part des investisseurs. D’autre part, selon Libération, Trump « menace de taxer le vin français » en réponse à « l’imposition d’une taxe française sur les géants américains du secteur des hautes technologies ». « Je n’aime pas ce que la France a fait, a-t-il lancé. Je ne veux pas que la France impose des taxes sur nos sociétés. C’est très injuste. » De son côté, Emmanuel Macron a reconnu dimanche que sa taxe Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) était « très imparfaite » et s’est dit prêt à y renoncer à condition qu’un impôt mondial soit mis en place dans le cadre de l’OCDE. « Ce sommet devrait en théorie entériner l’accord de principe conclu par les ministres des Finance du G7, mi-juillet, visant à mettre en place une imposition minimale des sociétés et la taxation des géants du Web d’ici à 2020. »

Avec Libération

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