Hamma Hammami a assuré qu'il n'avait pas accusé Youssef Chahed de corruption.Photo : AFP

Présidentielle 2019 – Hammani : « Je n’ai pas accusé Chahed de corruption »

Hamma Hammami, candidat à l’élection présidentielle 2019, a déclaré qu’il n’avait pas accusé de corruption son adversaire Youssef Chahed lors du dernier débat présidentiel diffusé lundi soir sur la chaîne nationale Wataniya 1.

« Je n’ai pas accusé Youssef Chahed de corruption, mais plutôt remis en cause sa responsabilité politique et morale dans toutes les opérations de corruption menées sous son gouvernement », a-t-il précisé dans une déclaration à la TAP en marge de sa visite à Manouba menée dans le cadre de sa campagne électorale.

Lors du troisième et dernier débat présidentiel, M. Chahed a appelé les Tunisiens à voter massivement pour des personnes crédibles et décidées à lutter contre la corruption. Hamma Hammami a alors rétorqué, en semblant faire référence au chef du gouvernement, que la corruption « se trouvait à [sa] gauche », place où se trouvait effectivement Youssef Chahed. « Les personnes corrompues ne peuvent naturellement pas lutter contre la corruption, avait-il lancé. Et ce ne sont pas ceux qui ont détruit le pays qui voudront aujourd’hui réparer leurs propres dégâts. »

Parcours et prises de position

Opposant historique à l’ancien régime, Hammami a appelé le 11 janvier 2011 au « départ de Ben Ali », à « la dissolution des institutions fantoches du régime actuel » et « la mise en place d’un gouvernement national provisoire chargé d’organiser des élections libres et transparentes ».

En 2011, M. Hammami appelait déjà, tout en soulignant son respect pour les croyances religieuses des Tunisiens, à la séparation du religieux et du politique. Il a présenté sa candidature à l’élection présidentielle de 2014 en tant que candidat du Front populaire. Au premier tour, il a terminé troisième avec 7,82 % des voix.

Fervent opposant aux gouvernements de Habib Essid et de Youssef Chahed, il a toujours insisté sur la nécessité qu’une alternative politique puisse s’incarner. Il s’agissait pour lui d’élaborer des programmes permettant de « sauver la Tunisie de son impasse politique et de sa crise socioéconomique ». Il a souvent appelé les forces vives de la société civile et des partis de gauche à « assumer » leurs responsabilités face au « gouffre » dans lequel la coalition au pouvoir a jeté le pays selon lui. Celle-ci a selon lui voulu « vendre » le pays à l’étranger et le « soumettre à ses injonctions », a-t-il déclaré à la TAP en septembre 2018.

Dans un entretien à Mosaïque FM début septembre, le candidat souverainiste de gauche a affirmé qu’il oeuvrerait principalement à « imposer la souveraineté tunisienne en matière de [gestion de ses] ressources nationales » et à « annuler les dettes via une campagne populaire et diplomatique » tout en refusant « toute ingérence étrangère et militaire en Tunisie ».

N.B.

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