Hommage : Adieu Si Azzouz, mon maître, mon ami

Hommage : Adieu Si Azzouz, mon maître, mon ami

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Par Tahar Sioud, ancien ministre ancien ambassadeur

Alors que je suis à l’étranger pour des raisons privées, j’ai appris avec une profonde peine et une incommensurable tristesse le décès de mon grand ami, de mon maître Si Azzouz Lasram. Je le savais affaibli cers derniers temps, mais je ne croyais pas que la fin était si proche.

Ce fut pour moi un choc, car,  je lui  dois beaucoup dans la vie. Je lui dois surtout de m’avoir incité à choisir la carrière diplomatique. En effet,  Chargé d’affaires à l’ambassade de Tunisie à Paris au début de l’indépendance, c’était lui qui était venu nous chercher à la Maison de Tunisie du Boulevard Jourdan pour nous encourager à embrasser cette carrière qui avait besoin de jeunes compétences. Il était aussi mon premier patron au ministère des affaires étrangères  comme directeur de la coopération internationale avant qu’elle ne devienne sous sa férule une direction générale. C’est par lui que j’ai appris ce métier exaltant et exigeant. Il était pour moi la référence et l’exemple.

Comme lui je fus diplomate, banquier, homme politique et dirigeant sportif. Etait-ce inconsciemment le désir de lui ressembler, de me comparer à lui. Mais lui il était incomparable, inégalable car il prenait tout à cœur et ne se reposait jamais avant d’avoir accompli sa tâche dans sa plénitude. Car sous sa bonhomie légendaire et un visage toujours souriant se cachait un homme de rigueur, un travailleur acharné. Exigeant avec lui-même, il l’était tout autant avec les autres. C’était un perfectionniste-né. Mais sous la carapace du responsable, il y avait un grand cœur, une disponibilité à toute épreuve, une capacité d’écoute et l’esprit toujours vif. Il savait diriger ses collaborateurs et tirer le meilleur d’eux. Loyal, il était d’une fidélité sans faille envers ses amis et ils étaient nombreux.

S’il avait marqué de son empreinte son club, le Club Africain, c’était parce qu’il croyait dans les vertus de l’éducation par le sport, vertus qui se sont malheureusement émoussées. Le football tunisien lui doit beaucoup, mais également toutes les autres disciplines sportives qu’il couvait et qui lui avaient donné de grandes satisfactions. Mais l’image qui reste de lui c’était lorsqu’il allait au Parc du Club Africain par une fin d’après midi sombre et pluvieuse suivre les entrainements de gamins pas plus grands que deux pommes de l’école de football du club, seul sous son parapluie. Quelle belle leçon pour nos dirigeants sportifs. Quel bel exemple d’humilité et de don de son.

Azzouz Lasram va manquer à son pays car des hommes comme lui, il n’en existe pas beaucoup. Il va manquer à son Club auquel il avait consacré une bonne partie de sa vie. Il va manquer à ses nombreux amis dont je m’honore de faire partie, qui admirions ses qualités d’homme et de dirigeant.

Les mots me manquent pour dire ma tristesse et mon désarroi. Mais, nous nous devons de nous incliner devant la Volonté divine. Ce fut pour moi une grande chance de l’avoir connu de près et d’avoir mesuré l’étendue de sa personnalité.

En ces tristes circonstances, je présente mes condoléances les plus émues à tous les membres de sa famille ainsi qu’à tous ceux qui l’ont aimé et ont apprécié ses qualités, à la famille clubiste et à la famille sportive dans le sens le plus large.

Que Dieu Tout Puissant accueille le cher disparu dans Son Eternel Paradis et lui accorde sa Haute Miséricorde.

Adieu Si Azzouz, mon maître, mon ami.

Votre disciple

Tahar Sioud

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