Hydre terroriste: Le combat continue sans relâche

Un plan visant à établir un émirat dans la région de Bir Essad délégation d’El Guettar, gouvernorat de Gafsa vient d’être déjoué par  l’unité de prévention du terrorisme de la Garde nationale à Gafsa, selon un communiqué publié le 8 septembre dernier  par le ministère de l’Intérieur. Trois éléments impliqués dans cette affaire ont été arrêtés après les pressions qu’ils ont exercées sur l’imam d’une mosquée, visant l’embrigadement et le recrutement des jeunes de cette région, ajoute la même source.

L’affaire nous renvoie au sombre jour du 7 mars 2016 quand des éléments terroristes appartenant  à Daech,  en provenance de la Libye, ont  tenté d’installer un émirat à Ben Guerdane, gouvernorat de Médenine au Sud de la Tunisie mais ont dû déchanter. Ils ont été anéantis en  quelques heures grâce à la vigilance des forces armées et au soutien des habitants. Les éléments terroristes espéraient créer une zone  tampon au sud de la Tunisie avec leurs acolytes à l’intérieur de Ben Guerdane. Bilan de l’opération, 36 terroristes ont été éliminés alors que 12 membres de nos forces armées ainsi que 7 civils sont tombés en martyrs.

On a gagné la bataille contre les terroristes à Ben Guerdane mais la guerre contre l’hydre terroriste continue et les menaces planent toujours sur le pays, comme par ailleurs partout aux quatre coins du monde. Les opérations kamikazes perpétrées à Tunis en octobre 2018 ( devant le théâtre municipal) , en  juin 2019 (double attentat à proximité du siège de l’unité de lutte contre le terrorisme d’El Gorjani et à Bab Bahr)  puis en mars 2020  (Berges du lac, prés de l’ambassade américaine ), attestent de  la persistance des menaces qui pèsent sur le pays. Ces actes terroristes confirment aussi  la nécessité de  raffermir encore plus les liens de coopération à l’échelle internationale en vue de faire face à un terrorisme en perpétuelle évolution comme est venu le démontrer ce nouveau concept du terrorisme « low cost » caractérisé par l’utilisation lors de l’attaque terroriste d’une arme blanche ou d’un véhicule. Un nouveau modus operandi observé au cours des dernières années chez nous et notamment en Occident.

La visite ce mercredi 9 septembre à notre pays du général Stephen Townsend, chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), tombe à point nommé. En effet, la situation chaotique à nos frontières avec la Libye et les tentatives avérées d’infiltration d’éléments terroristes en Tunisie depuis ce pays ainsi qu’à partir de l’Algérie visant à exécuter des  opérations terroristes sur le sol Tunisien, interpellent sur la nécessité de renforcer davantage  la coopération militaire bilatérale entre les deux pays notamment en matière de lutte contre le terrorisme, le crime organisé et la contrebande.  Face au guêpier libyen, il prime de consolider les liens de coopération internationale.

S’unir contre l’hydre terroriste est urgentissime certes mais point n’est besoin de rappeler que la mauvaise gouvernance, la corruption, le non-respect des droits humains, la perte de repères identitaires, l’absence d’une politique équitable et solidaire, la marginalisation socio-économique  servent le plus souvent d’alibis pour l’embrigadement des jeunes.

Samir DRIDI

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