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© UNHCR/Markel Redondo Un enfant est transporté d'un bateau des garde-côtes espagnols à Malaga, en Espagne, après avoir été secouru en mer Méditerranée. 30 septembre 2018

Il faut protéger les enfants réfugiés et migrants qui effectuent des voyages périlleux vers l’Europe (Unicef)

L’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, a exhorté lundi les gouvernements européens à élaborer conjointement une approche régionale pour assurer une meilleure protection aux enfants réfugiés et migrants qui continuent de faire face à de graves dangers et violations de leurs droits fondamentaux lors de leurs dangereux périples vers l’Europe.

« On estime qu’environ 400 enfants réfugiés et migrants – une moyenne de 29 enfants par jour – sont arrivés sur les côtes de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne rien que pendant les deux premières semaines de janvier [2019]. Les enfants endurent des voyages particulièrement périlleux en raison du froid et des eaux agitées pendant les mois d’hiver », a ainsi souligné l’organisation onusienne dans un communiqué de presse.

Celle-ci ajoute que le week-end passé, environ 170 personnes, dont des enfants, seraient mortes ou auraient disparu dans deux naufrages en mer Méditerranée. La semaine dernière, explique l’Unicef, une fillette iraquienne âgée de neuf ans se serait également noyée en Méditerranée alors qu’elle tentait de rejoindre l’île grecque de Samos avec sa famille.

Et plus tôt cette année, au moins trois enfants ont été bloqués à bord du navire de sauvetage Sea Watch 3, celui-ci n’ayant reçu aucune autorisation de débarquer. Les enfants à bord sont restés bloqués en mer, certains pendant 18 jours, sans avoir accès à des soins médicaux urgents ou à d’autres services essentiels jusqu’à ce que le navire soit finalement autorisé à débarquer.

« Approche régionale »

« Chaque jour, des enfants risquent leur vie en traversant des eaux dangereuses par temps glacial, dans l’espoir de trouver la sécurité et la possibilité de se bâtir un avenir décent. Une approche régionale aiderait à empêcher ces enfants – dont beaucoup ont déjà été victimes d’exploitation et de maltraitance au cours de leurs longs voyages – de souffrir davantage », a déclaré la directrice régionale de l’Unicef pour l’Europe et l’Asie centrale, Afshan Khan.

L’ONU estime que 23 000 enfants réfugiés et migrants sont arrivés par la mer en 2018 en Grèce, en Italie et en Espagne, la grande majorité fuyant les conflits, l’extrême pauvreté ou la persécution.

Pour mieux protéger ces enfants vulnérables, l’Unicef préconise ainsi une approche régionale de la gestion des flux migratoires permettant aux bateaux de sauvetage de débarquer en toute sécurité et « le plus rapidement possible ». « Des structures d’accueil respectant les droits de l’enfant doivent également garantir l’accès des enfants à une protection, un soutien médical et psychosocial, et tous les enfants doivent avoir un accès juste et rapide aux procédures d’aide judiciaire et d’asile », soutient encore le communiqué.

Selon l’Unicef, il est également urgent de prendre davantage d’engagements en matière de réinstallation donnant la priorité aux enfants, ainsi que des procédures plus rapides de réunification familiale dans tous les Etats membres de l’Union européenne.

Trentième anniversaire de la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant

« Cette année marque le 30e anniversaire de la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant, une étape importante qui rappelle de manière vitale que tous les Etats membres européens se sont engagés à protéger les droits de tous les enfants, quel que soit leur statut migratoire », a dit Mme Khan.

N.B.

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