l’Accord Sykes-Picot

Il y a un siècle, l’Accord Sykes-Picot

La compétition entre ces deux puissances était d’autant plus aiguisée que des découvertes faites peu auparavant avaient révélé l’existence d’importants gisements de pétrole en Mésopotamie. Pour favoriser ses desseins et mettre en difficulté les autorités ottomanes, la Grande Bretagne opte, dès 1915, pour le soulèvement des populations bédouines de la péninsule arabique contre les troupes ottomanes et ne tarde pas à mettre son plan en exécution. À son instigation, la révolte arabe éclate en juin 1916 sous la conduite du chérif Hussein, émir du Hedjaz qui entend bâtir sur les ruines de l’Empire ottoman, un royaume arabe dont il serait le souverain. Il est encouragé dans ce sens par Sir Henry Mac-Mahon, Haut-commissaire britannique au Caire qui lui promet l’indépendance ainsi que « un grand royau me arabe ».Au besoin la Grande Bretagne n’hésite pas à utiliser la rhétorique du droit des peuples arabes à l’autodétermination, par rapport au pouvoir ottoman s’entend. Ainsi dans une lettre adressée au chérif Hussein le 18 février 1918, le gouvernement britannique se déclare « résolu à soutenir les peuples arabes dans leurs efforts pour instaurer un Monde arabe dans lequel la loi remplacera l’arbitraire ottoman et où l’unité prévaudra sur les rivalités artificiellement provoquées par les intrigues des administrations turques. Le Gouvernement de Sa Majesté confirme ses promesses antérieures concernant la libération des peuples arabes ».  Cependant, d’autres correspondances adressées à Hussein, laissent planer une certaine ambiguïté quant aux limites du futur royaume, dont la création est par ailleurs soumise à des conditions léonines destinées à garantir durablement les intérêts britanniques dans la région.

Anticipant la suite des événements et pariant sur la chute de l’Empire ottoman, la France et la Grande Bretagne avaient engagé, dès 1915, des négociations secrètes visant à réaliser leurs ambitions dans la région.  Deux diplomates, le britannique Mark Sykes et le français François Georges-Picot furent chargés de mener ces négociations et parviennent à un arrangement, scellé le 16 mai 1916 par un échange de lettres entre Sir Edward Grey, Secrétaire au Foreign Office et Paul Cambon, Ambassadeur de France à Londres. Telle est l’origine de l’Accord Sykes-Picot. En vertu de cet Accord les provinces arabes de l’Empire ottoman seraient divisées comme suit :

  • Une zone bleue comprenant le littoral syrien, le Liban actuel, la province de Mossoul, le nord de la Palestineet la Cilicie (située dans l’actuelle Turquie)sera placée sous administration directe de la France.
  • Une zone rouge comprenant la Mésopotamie (l’est de l’Irak actuel) ainsi que le Koweït sera administrée directement par la Grand Bretagne.
  • Une zone brune comprenant la Palestine sera placée sous administration internationale

Les autres territoires arabes qui devaient être libérés à la fin de la guerre du joug ottoman devaient servir à la création d’un royaume arabe qui sera divisé en deux zones d’influence, l’une française (zone A) et l’autre anglaise (zone B).

 

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