Photo du sénat américain / Reuters

Irak, Davos, Impeachment… L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine

Manifestations massives en Irak pour réclamer le départ des troupes américaines, déclenchement officiel de la procédure de destitution du président américain Donald Trump, nouvelle formation gouvernementale au Liban… Ce qu’il faut retenir des faits qui se sont déroulés cette semaine dans le monde en quelques points.

Irak. Aujourd’hui à Bagdad, des milliers de manifestants favorables à l’influente figure chiite du pays, Moqtada Sadr, se sont rassemblées pour dénoncer la présence de troupes américaines en Irak et réclamer leur expulsion. Une manifestation qui a pris place pour répondre à l’appel de Moqtada Sadr à « une manifestation pacifique d’un million de personnes contre la présence américaine ».

Selon des analystes, le mouvement de contestation irakien, déclenché début octobre, craint lui d’être éclipsé par ce puissant rassemblement, après un essoufflement dû aux tensions grandissantes entre Téhéran et Washington.

Le parlement irakien s’est récemment exprimé par un vote en faveur du départ des troupes étrangères. Celles-ci comprennent 5200 militaires américains venus soutenir les Irakiens dans leur lutte contre les groupes terroristes. Depuis la mort, causée par une frappe américaine en Irak, du général iranien Qassem Soleimani, les discussions avec Bagdad sur l’avenir des troupes américaines n’ont pas encore commencé, selon le coordinateur américain de la coalition, James Jeffrey, cité par Le Monde.

Pour Harith Hasan, expert au Carnegie Middle East Centre, Moqtada Sadr veut affirmer une présence sur tous les fronts en soutenant différents mouvements de contestation. « D’un côté, il tente de se positionner en tant que leader réformiste (…), de l’autre, il veut garder son image de leader de la résistance à l’occupation américaine » pour continuer d’être l’objet d’un soutien de la part de l’Iran qui souhaite le départ des troupes américaines du Moyen-Orient, explique-t-il. « Cette marche montrera que Sadr est toujours capable de mobiliser les foules », indique-t-il. Elle renforcera également sa légitimité, surtout si d’autres groupes s’y joignent, en vue d’avoir un poids sur le choix du futur premier ministre.

France et Moyen-Orient. Le président français Emmanuel Macron a effectué une visite mercredi 22 janvier en Israël et dans les territoires palestiniens. Il s’agit de son premier déplacement dans ces territoires depuis son élection en 2017. Il a assisté aux commémorations des 75 ans de la libération du camp nazi d’Auschwitz-Birkenau. Il s’agit d’une « façon de montrer que la France croit toujours à une solution à deux Etats, un Etat palestinien viable aux côtés de l’Etat israélien », avec Jérusalem comme capitale commune, comme l’indique un correspondant de France Télévision, qui souligne néanmoins que la poursuite du processus de colonisation israélienne en Cisjordanie risque de rendre « illusoire » la perspective de voir un Etat palestinien viable s’enraciner dans la région. Le président français a également rencontré son homologue palestinien Mahmoud Abbas.

Maroc. Le Royaume du Maroc a décidé d’incorporer les eaux du Sahara occidental à l’espace maritime qui est sous sa tutelle, en votant deux lois qui renforcent la légitimité juridique de sa présence au sein de cet espace dont le statut n’est toujours pas précisément défini. C’est la commission des affaires étrangères et de la défense nationale du Parlement marocain qui a approuvé les deux projets de loi étendant les frontières maritimes de Rabat sur les eaux territoriales de la région contestée du Sahara occidental, comme l’explique Middle East Monitor. Une décision qui vise « à réactualiser l’arsenal juridique national » et de l’adapter à « la souveraineté totale du royaume sur ses frontières effectives, terrestres et maritimes », a pour sa part indiqué le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

L’espace maritime concerné va de Tanger (nord) à Lagouira. Dans une déclaration à l’AFP, le Front Polisario, qui milite en faveur de l’indépendance du Sahara occidental, a estimé que ces nouveaux dispositifs votés n’auront « aucun effet légal » et a évoqué la possibilité de recourir au tribunal international du droit de la mer.

Davos. De nouveau, au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le président américain Donald Trump et ses accompagnateurs ont lancé des menaces contre les Européens qui, pour lui, ne cessent de tirer des avantages de leurs accords de partenariat avec les Etats-Unis. Il a notamment évoqué la mise en place d’une taxe dans le secteur de l’automobile. « Franchement la Commission européenne est bien plus dure que la Chine. Je le dis avec beaucoup de respect, mais c’est la réalité. Cela fait longtemps que les Européens profitent de nous. Il va falloir vraiment négocier un accord. Sinon il faudra mettre en place autre chose », a ainsi déclaré, cité par RFI, le chef de l’Etat américain.

Greta Thunberg, la célèbre jeune activiste suédoise de 16 ans qui milite en faveur de la protection du climat, a dénoncé l’attitude « hypocrite » des responsables politiques présents à Davos : « Je trouve ça insensé que des gens rassemblés ici à Davos pour parler du climat arrivent en jet privé », a-t-elle notamment déclaré. Par ailleurs, des analystes estiment que les Etats, malgré leurs sommets jugés largement insuffisants voire inutiles, doivent redoubler d’effort. Le magazine de l’économie et de la finance responsable, Novethic, faisait par exemple remarquer le 22 janvier qu’un nouveau rapport du cabinet McKinsey révélait que les impacts socio-économiques de la crise climatique « vont se multiplier et s’intensifier partout dans le monde ». Des impacts qui vont également affecter la productivité des travailleurs, les systèmes alimentaires mondiaux, les infrastructures, etc. Le cabinet de conseil estime que d’ici 2050, ces impacts pourraient augmenter de deux à vingt fois par rapport à leurs niveaux actuels.

Liban. Le pays du Cèdre a annoncé mardi la formation d’un nouveau cabinet gouvernemental, mettant ainsi fin à une impasse de plusieurs mois. Ce sont 20 nouveaux ministres qui ont été nommés pour mettre fin à une crise politique et économique qui n’a que trop duré. En effet, les manifestants ont investi les rues pendant plus de trois mois pour condamner la corruption de la classe politique du pays et sa mauvaise gestion de l’économie libanaise. Hassan Diab, l’ancien ministre de l’Education qui a été nommé Premier ministre le mois dernier, a déclaré mardi à la presse que sa nouvelle formation ministérielle répondrait à la nécessité de remédier aux problèmes nés de la « situation exceptionnelle » que traverse le pays. Il a également promis de tenter de « récupérer les fonds volés et de lutter contre le chômage ». Toutes les personnalités nommées dans ce gouvernement seront des ministres « technocrates », a-t-il dit, faisant référence à la demande des manifestants qu’un gouvernement d’experts, et non de politiciens, prenne la tête du pays.

Impeachment. Le procès en destitution du président Donald Trump a débuté au Sénat américain. C’est le troisième jour du procès visant le président américain. Les républicains disposant d’une majorité à la Chambre haute (53 sièges sur 100), les élus démocrates n’ont que peu de chances de remporter ce procès historique. Selon nombre d’observateurs, leur objectif est en réalité de sensibiliser les électeurs américains, dix mois avant la prochaine présidentielle. M. Trump est accusé d’abus de pouvoir « illégal et dangereux » en lançant une demande à l’Ukraine d’annoncer publiquement l’ouverture d’une enquête visant son adversaire politique Joe Biden, ont plaidé les élus démocrates.

L’un d’eux, Jerry Nadler, a accusé le président américain d’être « allé plus loin », en gelant une aide militaire capitale pour ce pays en conflit avec la Russie. A partir de demain samedi, ce sera le tour de la défense d’étayer son argumentation. Les élus de la Chambre des représentants devront ensuite prendre la décision, à la majorité simple, de prolonger ou non l’exercice, en convoquant d’autres témoins. Si ce n’est pas le cas, ils procéderont au vote sur la culpabilité du président. Il faudra une majorité des deux tiers (67 voix) pour acter sa destitution, ce qui semble fort improbable.

 

N.B.

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