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Une rue de Téhéran, le 6 août 2018 en Iran ATTA KENARE (AFP)

Iran : un journal ultra appelle à l’expulsion de diplomates français

Un journal ultraconservateur iranien a appelé mardi à l’expulsion de diplomates français présents en Iran. Un appel qui a été fait en représailles contre la France.

« L’Iran a renvoyé deux diplomates néerlandais, il est temps maintenant de répondre à la France », dit le titre de l’article publié en une du quotidien Kayhan, selon lequel un diplomate iranien en poste à Paris aurait été expulsé à l’automne.

Téhéran a confirmé lundi l’expulsion de deux diplomates néerlandais en réaction à une mesure similaire qui a visé en juin 2018 deux diplomates iraniens alors en poste à La Haye. « On attend que le ministère des Affaires étrangères, après sa décision tardive mais louable d’expulser les diplomates néerlandais, réponde en appliquant le principe de réciprocité à la France, qui, de manière insolente et vile, a accusé et expulsé notre diplomate de son sol », indique l’article de Kayhan.

Le quotidien avait rapporté mi-octobre qu’un diplomate iranien avait été expulsé de France « quelques semaines » plus tôt. L’information n’a jamais été confirmée officiellement, ni démentie, tant par la France que par l’Iran.

Les relations franco-iraniennes connaissent actuellement une période troublée, surtout depuis l’été 2018. Les deux pays n’ont plus d’ambassadeurs en poste, à Paris comme à Téhéran, depuis plus de six mois.

Fin juin, une tentative d’attentat à l’explosif contre le rassemblement à Paris d’un groupe d’opposition iranien, les Moudjahidines du peuple (MEK), avait été déjouée. La France avait accusé une branche du ministère des Renseignements iranien d’être à l’origine de ce « complot » présumé. Accusé de complicité, un diplomate iranien en poste en Autriche avait été remis en octobre à la Belgique, qui enquête sur cette affaire.

https://twitter.com/AppelsActu/status/1049576785774563328

Téhéran, qui dément strictement les accusations de la France, reproche de son côté à Paris d’héberger le MEK, que l’Iran qualifie de « secte terroriste d’hypocrites ». Les relations bilatérales franco-iraniennes sont également compliquées en raison des exigences françaises de voir l’Iran renoncer à ses programmes nucléaires. Téhéran dénonce pour sa part les ventes d’armes massives de Paris à ses voisins comme l’Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis.

Mais la France est par ailleurs l’un des trois pays européens (avec l’Allemagne et la Grande-Bretagne) engagés dans une tentative de sauvetage de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, torpillé par la décision américaine de quitter ce pacte en mai 2018.

N.B., avec AFP

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