Benjamin Netanyahou
Sebastian Scheiner/AP/SIPA

Israël : Devant l’impasse politique, les électeurs seront de nouveau convoqués en septembre

C’est un échec pour le Premier ministre Benjamin Netanyahou, au pouvoir depuis 1999… Le Parlement israélien a voté en faveur de sa propre dissolution mercredi soir, moins de deux mois après avoir été élu, et les électeurs seront à nouveau appelés aux urnes le 17 septembre, « scénario inédit dans l’histoire du pays », rapporte l’AFP.

A l’issue d’un « psychodrame » qui s’est prolongé jusqu’après minuit dans un climat de tension, le Parlement (Knesset) a voté pour de nouvelles élections en deuxième et troisième lectures par 74 voix pour et 45 contre, à l’instigation du Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Il s’agit d’un échec pour Benjamin Netanyahou, au pouvoir depuis 2009 sans discontinuer. L’avenir de cette figure politique, qui paraissait imbattable, et qui est aujourd’hui menacée d’inculpation pour corruption, devrait une nouvelle fois se trouver au centre de la prochaine campagne.

Répercussions sur le plan américain de résolution du conflit israélo-palestinien

Cette situation sans précédent résulte de l’incapacité de Benjamin Netanyahou à former une coalition gouvernementale avec les partis de droite arrivés en tête lors des élections législatives du 9 avril. Le Premier ministre israélien a préféré appeler à de nouvelles élections plutôt que de voir le président Reuven Rivlin donner à une autre personnalité politique la possibilité de rassembler une majorité de gouvernement avec la présente Knesset.

Pour ses adversaires, Benjamin Netanyahou aurait pu démissionner, mais il « n’est préoccupé que de sa survie politique ». « Il s’accroche à son poste pour faire voter des lois le protégeant des poursuites », accusent ses opposants, selon l’AFP.

Par ailleurs, l’annonce de nouvelles élections provoquera des répercussions bien au-delà de l’Etat hébreu. Elle risque ainsi de soulever des questions autour du projet de présentation par l’administration américaine de Donald Trump de son plan de résolution du conflit israélo-palestinien, attendu depuis des mois. « Donald Trump, qui a multiplié les faveurs envers Israël et Benjamin Netanyahou depuis son accession à la présidence, s’était invité lundi dans la crise israélienne en apportant son soutien au Premier ministre sortant. Et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, est arrivé à Jérusalem mercredi soir, en pleins remous intérieurs, pour discuter de l’initiative diplomatique dont il est le cerveau », indique encore l’AFP.

Antagonisme persistant entre laïcs nationalistes et ultra-orthodoxes

Le Premier ministre a échoué à dépasser un vieil antagonisme qui persiste entre les laïcs nationalistes et les ultra-orthodoxes : l’exemption de service militaire dont bénéficient des dizaines de milliers d’étudiants d’écoles talmudiques. Dans une société où tout le monde, sauf exception, est soumis à la conscription, ce régime de faveur est perçu comme discriminatoire.

Ainsi le site d’informations Newsmax indique-t-il aussi que la « tourmente » est née – officiellement du moins – de cette querelle autour de la conscription militaire. Certains partis veulent que les jeunes religieux soient exemptés en masse du service national obligatoire. « Mais Lieberman et de nombreux autres Israéliens veulent qu’ils partagent le fardeau », indique Newsmax.

« C’est incroyable. Avigdor Lieberman appartient désormais à la gauche », a déclaré Netanyahou à la presse. « Il est parfaitement clair qu’il voulait renverser ce gouvernement (…) pour rassembler quelques votes supplémentaires. »

Avigdor Lieberman, chef d’Israël Beiteinou et personnalité importante pour les Israéliens originaires de l’ex-URSS, dirigea le bureau du Premier ministre Netanyahou en 1996-97 et était encore son ministre de la Défense en 2018. Or, il ne participerait au gouvernement qu’en contrepartie de l’engagement qu’une loi annulant l’exemption des ultra-orthodoxes serait votée. « Question de principe » et refus de participer à un gouvernement sous la coupe de la loi juive, a-t-il ainsi affirmé à plusieurs reprises.

N.B., avec AFP, 20 minutes et Newsmax

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