[Jour pour jour] 12 février 1759 : Ali II Bey succède à Mohamed Rachid Bey

Ali II Bey avait d’abord été investi prince héritier par son frère Mohamed Rachid Bey (bey de Tunis de 1756 à 1759), le 3 septembre 1756, pour ensuite lui succéder le 12 février 1759. Son frère Mohamed avait lui été investi comme prince héritier par son père Hussein Bey en 1725 puis affecté au rang de gouverneur de Sousse par son cousin Ali Ier Pacha. Il est issu de la dynastie des Husseinites, qui règna sur le pays jusqu’à la proclamation de la République tunisienne le 25 juillet 1957, occupant ainsi le deuxième rang de la liste des dynasties qui se sont le plus longtemps maintenues au pouvoir, derrière celle des Hafsides.

Sous les 23 ans de règne d’Ali II, une dynamisation de l’économie tunisienne se fait jour, aidant notamment à développer le commerce européen alors entre les mains d’hommes de commerce négociants juifs. Pour rappel, les Juifs chassés d’al-Anadalous, l’Espagne et le Portugal, étaient d’abord partis se réfugier en Italie, puis vinrent à Tunis où ils ont formé, avec leurs coreligionnaires tunisiens, une communauté plus ou moins organisée qui avait reçu un statut particulier en juillet 1741.

L’historien et spécialiste des dynasties politiques tunisien Ibn Abi Dhiaf, dans son ouvrage « Présent des hommes de notre temps. Chroniques des rois de Tunis et du pacte fondamental », souligne qu’Ali Bey a réussi à se tenir au fait des développements de l’insurrection des Corses contre la République de Gênes et des difficultés liées au rattachement de la Corse au royaume de France en 1768. Dans ce contexte, l’histoire précide qu’Ali II Bey a refusé de reconnaître la nationalité française des bateaux corses capturés en mer Méditerranée par les corsaires tunisiens. Dans son bulletin de 1903 – 1934, la Société archéologique de Sousse le décrit comme un « prince très populaire » qui « s’occupa de suite de développer l’agriculture, l’industrie et le commerce de son pays » et qui « s’attacha à entretenir d’excellentes relations avec les nations européennes », la France en particulier.

L’état de guerre ayant été déclaré entre la France et la régence de Tunis, une escadre française opère une importante opération de bombardement sur les principaux ports tunisiens, en juin 1770, qui est suivie d’un traité de paix conclu trois mois plus tard, le 25 août. Le bey husseinite est alors amené à reconnaître l’unification de la Corse à la France. Une reconnaissance qui impose la nécessité de la libération des esclaves corses, assez nombreux à Tunis ; ceux-ci sont alors libérés progressivement.  Vers la fin de son règne, Ali Bey « renoua ses relations amicales avec la France, s’occupa de son royaume, fit réprimer la contrebande et punit de disgrâce, pour un fait de ce genre, le gouverneur de Sousse, qui avait favorisé l’exportation illicite de denrées du royaume ; il s’associa de plus en plus son fils Hamouda au détriment de ses deux neveux, vrais héritiers présomptifs. Sentant sa fin prochaine, Ali Bey confia à Hamouda le soin de rendre la justice à sa place », raconte encore le bulletin de la Société archéologique de Sousse.

En effet, cinq ans avant sa mort, le 9 février 1777, c’est aussi son état de santé précaire qui lui fit céder progressivement le pouvoir à son fils aîné, Hammouda.

N.B.

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