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[Jour pour jour] 22 mars 1956 : Habib Bourguiba retourne en Tunisie et clame son soutien pour le peuple algérien

« Nous ne pouvons être heureux, malgré notre indépendance, tant que la nation algérienne ne retrouvera pas sa souveraineté. » C’est ce qu’a clamé le leader nationaliste Habib Bourguiba lorsqu’il est retourné triomphalement dans son pays il y a exactement 63 ans, deux jours après avoir obtenu à Paris, le 20 mars 1956, l’acte de naissance de la Tunisie indépendante.

Bourguiba s’était envolé pour Paris en février 1956 pour convaincre les autorités françaises réticentes de la nécessité d’engager des négociations en vue d’aboutir définitivement à l’indépendance complète de la Tunisie. Le 20 mars 1956, au Quai d’Orsay, le ministre français des Affaires étrangères Christian Pineau déclare que « la France reconnaît solennellement l’indépendance de la Tunisie » et appose sa signature au bas du protocole de l’indépendance, rendant ainsi caduc le traité du Bardo, même si la France conservera la base militaire de Bizerte pour plusieurs années. Le 22 mars, Bourguiba, retourne en Tunisie en grand vainqueur et affirme qu’après une période de transition, « toutes les forces françaises devront évacuer la Tunisie, y compris Bizerte ».

Le New York Times, qui y avait consacré un article le jour même, rapportait des bribes du discours tenu par le « Père de l’indépendance » devant une foule compacte de 50 000 personnes. L’un de ses propos les plus marquants concerne la situation algérienne et la nécessité pour les peuples maghrébins d’en être solidaires : « Il est inconcevable que la Tunisie d’une part et le Maroc d’autre part puissent savourer leur indépendance alors que, dans le même temps, l’Algérie, cette nation soeur […] se trouve encore sous le joug du colonialisme », s’écriait le leader nationaliste.

Des propos qui intervenaient moins de deux mois avant le tristement célèbre Massacre de Beni Oudjehane commis le 11 mai 1956 par une unité de l’armée française, le 4e bataillon de chasseurs à pied, au cours de la guerre d’Algérie. Cette unité avait commis un carnage en massacrant 79 habitants algériens du village de Beni Oudjehane qui en comptait 300 en tout.

La lutte du peuple algérien est celle « de tout le Maghreb arabe »

Un an plus tard, M. Bourguiba, dans une interview donnée à une chaîne française, expliquait également que la position de la Tunisie dans ses relations bilatérales avec la France restera toujours « délicate » tant que « continuera la guerre en Algérie« . « Nos frères algériens, dont nous sommes solidaires, sont dans une lutte qui est celle de l’ensemble du Maghreb arabe », avait-il ajouté, appelant à un retour de la diplomatie et la mise en place d’un compromis politique qui tienne compte du « besoin de dignité du peuple algérien » dans un avenir « aussi rapproché que possible » afin qu’une solution valable puisse « mettre fin à la guerre et lui substituer l’amitié, la coopération et la paix ».

N.B.

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