République islamique
Hassan Rohani, le président iranien, lors de son discours adressé à la foule rassemblée à Téhéran pour les 40 ans de la révolution, ce lundi 11 février/ouest-france.fr

[Jour pour jour] 40 ans de la République islamique d’Iran : une foule se rassemble à Téhéran

Des milliers d’Iraniens convergent lundi matin vers la place Azadi, dans le centre de Téhéran, pour un rassemblement destiné à célébrer le quarantième anniversaire de la République islamique, a constaté un journaliste de l’AFP.

Vers 10h00 (06h00 GMT), une foule grossissait malgré une forte pluie, défilant devant des stands tenus par des institutions étatiques ou paragouvernementales et offrant du thé et des gâteaux. Jour férié, le 22 bahman du calendrier iranien commémore le renversement du régime impérial du chah Mohammad Réza Pahlavi, le 11 février 1979, dix jours après le retour d’exil triomphal de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, père fondateur de la République islamique d’Iran.

Hommes, femmes, enfants coiffés d’un bonnet et ballons de baudruche à la main, bassidjis (miliciens islamiques) en treillis et clercs enturbannés défilent tandis qu’un hélicoptère passe dans le ciel. La foule agite de nombreux drapeaux vert, blanc et rouge, les couleurs nationales, et brandit des pancartes avec des slogans liés à la révolution islamique.

La République islamique célèbre son quarantième anniversaire et celui de la révolution qui a renversé l‘Etat impérial d’Iran de la dynastie Pahlavi. La commémoration se fait cette année selon un rituel fort ancré dans les coutumes nationales : comme les années précédentes, les festivités de la place Azadi (qui signifie « Liberté » en persan) doivent inclure un lâcher de ballons, un lâcher de fleurs par hélicoptère, des chants, un atterrissage de parachutistes, des prières et slogans révolutionnaires, indique le programme officiel cité par l’AFP.

Le président iranien Hassan Rohani doit s’adresser à la foule de 11h15 à 12h00 (07h45 à 08h30 GMT). Diffusant des images de foules rassemblées à Téhéran et dans de nombreuses villes iraniennes, la télévision d’Etat a pour sa part mis en garde contre la désinformation de « certains médias étrangers hostiles » soupçonnés de vouloir ternir l’anniversaire en minimisant les chiffres de la mobilisation populaire.

Aux origines de la révolution islamique

Le régime autoritaire dirigé par le shah Muhammad Reza Pahlavi, soutenu notamment par les Etats-Unis, était devenu de plus en plus impopulaire au sein d’une société civile de plus en plus conscientisée et sensibilisée à son devenir politique. Face à cela, une redoutable police politique (la Savak) réprimait férocement toute opposition. Le shah bénéficiait en outre des royalties que lui versaient les compagnies occidentales à qui il avait confié l’extraction des ressources pétrolières.

 

 

Mais l’émergence d’une « bourgeoisie d’affaires aux exigences politiques et économiques croissantes » et d’une opposition d’inspiration religieuse chiite et populaire a commencé à fortement remettre en cause la légitimité des fondements du régime, explique le site de l’encyclopédie française Universalis. Ces exigences étaient également formulées par le charismatique ayatollah Khomeyni de l’étranger où il vivait en exil depuis quinze ans, et recevaient ainsi un écho de plus en plus favorable au sein de la société iranienne. « En 1978, des grèves paralysent le pays ; la rue contraint le shah à renoncer au pouvoir et à s’exiler le 16 janvier 1979. L’ayatollah Khomeyni rentre alors de Neauphle-le-Château, dans la banlieue parisienne, où il vivait en exil. Accueilli triomphalement à Téhéran, il instaure une république islamique nationaliste, anticapitaliste, antisioniste et anti-impérialiste, et dont la législation s’inspire de la charia », résume Universalis.

N.B.

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