Soliman le Magnifique

[Jour pour jour] 6 novembre 1494, naissance de Soliman le Magnifique

Cet homme de la Renaissance, Soliman II, communément appelé Soliman le Magnifique par les Occidentaux, et le Législateur (Qanouni) par les Turcs, est probablement né le 6 novembre 1494 à Trébizonde dans l’actuelle Turquie. Considéré en raison de ses nombreuses réalisations, notamment celles, législatives, qui ont reconfiguré le système juridique ottoman, comme le plus grand sultan de l’empire ottoman et un éminent monarque, il est celui dont le règne a été le plus long puisqu’il a duré 46 ans, de 1520 à 1566 et est à l’origine de l’expansion et de l’apogée de la puissance ottomane dans les domaines militaire, économique, politique, éducatif, culturel et artistique.

Apogée de l’empire ottoman

Ainsi, sous le règne de Soliman le Magnifique, « l’empire ottoman atteint sa plus grande expansion territoriale, des frontières du Maroc à celles de la Perse, des portes de Vienne aux rives de l’océan Indien, il s’adjoindra un peu plus tard Chypre et la Crète », précise le site Herodote. Celui-ci explique également que l’empire ottoman, sous sa direction, a connu une « grande effervescence artistique », qui s’est notamment manifestée par les grandes réalisations de l’architecte d’origine grecque Mimar Sinan, qui a par exemple conçu les mosquées Suleymaniye (Constantinople) et Selimiye (Andrinople).

Succédant le 20 septembre 1520 à son père Sélim Ier, neuvième sultan de l’empire surnommé le Terrible, Soliman, alors âgé de 25 ans, se retrouve à la tête d’un empire en expansion et remis en ordre après « les errances des sultans précédents », poursuit Herodote. De là proviennent les nombreux succès militaires qui seront réalisés par l’administration ottomane, qui exerce déjà un contrôle renforcé sur les provinces et arrive à contenir la menace que font peser les Perses aux frontières orientales de l’empire. « Avec le concours du grand vizir Ibrahim Pacha, un compagnon d’enfance, Soliman achève sans tarder la conquête de la Méditerranée orientale, illustrée trois quarts de siècle plus tôt par la prise spectaculaire de Constantinople », raconte encore le site d’histoire français.

Le 20 décembre 1522, l’empire parvient au bout de quelques mois de lutte à s’emparer de la forteresse de l’île grecque de Rhodes que défendent les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ces derniers se voient alors contraints de quitter l’île pour une autre, Malte.

C’est désormais l’Occident dominé par l’empereur Charles Quint que craignent les Ottomans. Rusé, Soliman le Magnifique opte pour une alliance stratégique « de revers » avec le roi de France François Ier. Une alliance « impie » qui fait scandale chez les chrétiens et qui de plus se révèlera « sans aucun profit pour le [roi] Français ». « Mais elle manifeste avec éclat l’évolution des mentalités au sortir du Moyen Âge. Pour la première fois, en effet, en Occident, l’intérêt de l’Etat l’emporte sur la solidarité religieuse », précise Herodote.

Profitant de la guerre que relance François Ier à l’Ouest contre l’empereur, Soliman met en place une expédition préventive contre la Hongrie du roi Louis II. Ecrasés à Mohacs le 28 août 1526, les Hongrois voient périr leur monarque au cours de la sanglante bataille. Cette victoire inattendue permet aux Ottomans de prendre Budapest, capitale du royaume hongrois, et de mener ainsi le sultan aux portes de l’Occident.

Voulant profiter de ce succès pour poursuivre l’expansion de l’empire, Soliman met le siège devant Vienne, capitale de Charles Quint, le 27 septembre 1529. Les habitants et les vingt mille soldats de la garnison de Charles Quint ont toutefois raison de sa détermination, l’obligeant à se retirer. « Mais jusqu’à la fin de son règne, il n’aura de cesse de disputer la Hongrie aux Habsbourg, ces derniers conservant la partie occidentale du pays (et le titre royal) et lui-même annexant la partie orientale », précise le site d’histoire.

Après avoir assuré la conquête des bastions chrétiens, notamment de Rhodes et de Hongrie, avant de devoir s’arrêter à Vienne, il annexa également une large portion du Moyen-Orient lors de ses guerres contre les Séfévides d’Iran ainsi qu’une grande partie de l’Afrique du Nord. En effet, en 1534, fort de son armée de janissaires, il part à la conquête de l’Azerbaïdjan ainsi que d’une grande partie de l’Irak actuel. Dans le même temps, les corsaires Barberousse, qui mènent la marine ottomane, se livrent à la piraterie dans la Méditerranée occidentale et la dominent. Soliman signe en 1536 avec son allié François Ier le « traité des capitulations », grâce auquel le souverain français obtient la protection des Lieux Saints et des chrétiens de l’empire.

Fin de règne et mort

Peu soucieux des traditions ottomanes, Soliman épousa l’une des filles de son harem, Roxelane, qui devint son unique épouse légitime. Les intrigues de celle-ci en tant que sultane à la cour et son influence considérable sur le sultan, y compris en matière de politique étrangère, assurèrent sa renommée tout en assombrissant la fin du long règne de Soliman. Le sultan en viendra en effet à laisser exécuter son fidèle ami Ibrahim Pacha et lui-même acceptera le meurtre de son propre fils aîné Mustafa, né d’une précédente favorite.

Soliman rend son dernier souffle le 6 septembre 1566, au cours d’une ultime expédition en Hongrie. L’un de ses fils monte sur le trône sous le nom de Sélim II, non sans avoir liquidé ses propres frères. Surnommé l’Ivrogne, celui-ci ne fera montre d’aucune « des qualités de son père ».

N.B.

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