[Jour pour jour] 8 novembre 1942, débarquement en Afrique du Nord

Le 8 novembre 1942, les troupes alliées anglaises et américaines débarquent en Afrique du Nord sous le commandement du général américain Dwight Eisenhower. Il s’agit de l’opération «Torch ».

L’opération « Torch » est en fait le nom de code donné au débarquement des Alliés américains et anglais le 8 novembre 1942 en « Afrique française du Nord ». La prise d’Alger se fait en un jour grâce à la résistance française, alors qu’à Oran et au Maroc, les généraux du régime de Vichy accueillent les alliés à coups de canon. Ils livrent la Tunisie (alors sous protectorat) aux Allemands sans aucune résistance, déclenchant ainsi la campagne de Tunisie. La reddition des troupes françaises vichystes au Maroc a, elle, eu lieu trois jours plus tard, le 11 novembre.

Un tournant

Ce débarquement marque un tournant dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale au niveau du front occidental, conjointement avec les victoires britanniques d’El Alamein et soviétique de Stalingrad. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, l’Afrique du Nord française (départements français d’Algérie, protectorats du Maroc et de la Tunisie) s’était placée sous l’autorité du gouvernement de Vichy, lui-même soumis à l’occupant allemand.

« Au moment du débarquement, l’amiral François Darlan, dauphin du maréchal Pétain, se trouve par hasard à Alger où il est venu rendre visite à son fils malade. Il ordonne aux troupes françaises de résister à l’envahisseur. C’est ainsi qu’à leur arrivée à Casablanca comme à Oran et Alger, les troupes anglo-saxonnes se heurtent contre toute attente à une furieuse résistance des troupes françaises », explique le site d’histoire Herodote.

Les Anglais redoutent alors cette résistance de leurs ex-alliés, craignant qu’elle puisse permettre aux Allemands de les renvoyer à la mer. Mais l’amiral Darlan finit par signer la reddition d’Alger et les Anglo-Saxons obtiennent un arrêt des combats. Darlan se rallie ainsi avec réticence aux Alliés. « L’Afrique du Nord passe sous leur contrôle tout en conservant l’administration et les lois de Vichy ! », indique Herodote.

Le reflux de l’Axe

Adolphe Hitler réagit à l’invasion de l’Afrique du Nord par l’occupation de la « zone libre », en violation des accords d’armistice du 22 juin 1940 avec le maréchal Pétain. Il s’agit de l’opération « Attila ». La flotte française bloquée à Toulon se saborde le 27 novembre sur ordre de l’amiral Jean de Laborde, « pour échapper aux Allemands sans avoir à se livrer aux ennemis traditionnels de la marine française, les Anglais », poursuit le site d’histoire. Les Allemands et leurs alliés Italiens occupent d’autre part la Tunisie, protectorat français revendiqué par l’Italie.

Dans le même temps, dans le désert libyen, à el-Alamein, le général Montgomery repousse l’Afrika Korps d’Erwin Rommel qui, de 1941 à 1943, dirige le corps expéditionnaire allemand d’Afrique du Nord, l’Afrikakorps. Ainsi, pris en tenaille, les Allemands et les Italiens n’ont pas d’autre choix que de se retrancher sur Bizerte, en Tunisie, d’où ils regagneront l’Europe en mai 1943.

En janvier 1943, les leaders américain et anglais Roosevelt et Churchill se retrouvent à Casablanca pour une conférence où ils préparent la libération complète de l’Afrique du Nord et l’invasion de la Sicile. Cette conférence réunira également les généraux de Gaulle et Giraud pour officialiser leur association en vue de battre les forces de l’Axe.

La France a ainsi été réintégrée dans la guerre aux côtés des Alliés, après la disparition de tous les attributs de souveraineté de Vichy et d’annuler l’armistice de juin 1940 sur le plan politique. L’Afrique du Nord a ainsi pu constituer une base logistique essentielle en vue de vaincre l’Afrika Korps en Tunisie, puis libérer l’Italie et le sud de la France. Par ailleurs, comme le souligne le site secondeguerre.net, ce débarquement, en plus d’écourter la Seconde Guerre mondiale et « changer la face du monde », a rallié le Maroc à la cause des alliés, jusqu’alors favorable aux Forces de l’Axe . « Ces événements furent une étape importante dans la marche vers l’indépendance du Maroc », explique aussi le site.

Contexte

Pour rappel, après l’entrée en guerre des Etats-Unis, les Alliés n’avaient pas encore déterminé l’endroit à même d’ouvrir un front contre l’Allemagne nazie. « Ce n’est que le 24 juillet 1942 que le sort de la Deuxième Guerre mondiale allait se jouer. L’Etat-major combiné anglo-américain, comprit l’intérêt politique et stratégique de mettre sur pied une opération de débarquement de leurs forces, simultanément au Maroc et en Algérie, pour y établir une base à partir de laquelle serait lancée la grande attaque contre Hitler, en Europe », rappelle le site Secondeguerre.net. Plusieurs officiers allemands étaient convaincus de l’importance stratégique de la Méditerranée, et du Maroc en particulier. Ils essayèrent de persuader Hitler de s’emparer de Gibraltar, verrouiller l’entrée de la Méditerranée, franchir le Détroit et débarquer au Maroc […]. Mais Hitler donnait la priorité à l’attaque contre la Russie. « Sa Majesté Mohammed V avait compris, dès octobre 1940, que ‘Qui perdrait la Méditerranée, perdrait la guerre' », raconte encore le site.

N.B., avec Herodote

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