Jour pour jour : Destitution du Roi Fayçal II d’Irak le 14 juillet 1958

Il y a 60 ans jour pour jour, le roi Fayçal II d’Irak était renversé et mis à mort par un groupe d’officiers dirigés par le général Abdel Karim Kassem. Le coup d’Etat a également mené à la mort de la quasi-totalité de la famille royale et du Premier ministre Nouri Saïd.

A l’origine de ce mouvement de contestation du pouvoir, un groupe de nationalistes irakiens, inspirés par l’évolution politique de la situation égyptienne. En plus de n’avoir jamais accepté la mise sous tutelle britannique de l’Irak en 1920 et de considérer les rois irakiens successifs comme des gouverneurs fantoches d’une colonie britannique, ils remettent notamment en cause l’adhésion de l’Irak au Pacte de Bagdad. Signé en 1955 par l’Irak, la Turquie, le Pakistan, l’Iran et le Royaume-Uni, rejoints par les Etats-Unis trois ans plus tard, ce pacte s’inscrivait dans la politique d’endiguement menée par les Etats-Unis lors de la guerre froide dans l’objectif d’étrangler l’URSS, dont la montée en puissance et en influence au Moyen-Orient était manifeste et perçue comme une menace d’instabilité par les Etats-Unis. La signature de ce pacte, qualifié d’impérialiste, a provoqué un tollé au Moyen-Orient. La Syrie et l’Egypte, notamment, y ont vu une fin annoncée de la politique de neutralité positive qu’elles désiraient poursuivre.

Dans les années cinquante, le régime autoritaire et pro-occidental du petit-fils de Fayçal Ier (premier roi d’Irak, monté sur le trône avec l’aide des Britanniques) commençait à susciter de plus en plus d’insatisfaction pour enfin engendrer des soulèvements dans les villes de Nadjaf et al-Hayy. La contestation de la politique du pouvoir s’est cristallisée à partir de 1956 lorsque la nationalisation du Canal de Suez par Nasser fit intervenir la Grande-Bretagne et la France, ce qui engendra une hostilité encore plus grande pour le Pacte de Bagdad. L’opposition antimonarchiste commence alors à coordonner ses activités et à gagner de plus en plus de sympathisants parmi les démocrates, les communistes, le Parti Baas et le corps des officiers.

Deux ans plus tard, le 14 juillet 1958, des officiers dirigés par le général Abdel Karim Kassem fomentent un coup d’Etat. Ce dernier devient l’homme fort du nouveau gouvernement mis en place par une majorité de militaires après l’abolition de la monarchie et la proclamation de la République d’Irak. L’on annonce également la dissolution de la Fédération arabe d’Irak et de Jordanie, l’Etat fédéral qui unissait les deux pays depuis seulement quelques mois. S’en suivirent des années d’instabilité politique, qui ont accentué la rivalité entre les partisans de Nasser (dont le général Kassem) et les baassistes, pour ensuite aboutir à l’ascension de groupes nationalistes baassistes. Ces derniers conduisirent à leur tour à l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein.

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