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[Jour pour jour] Il y a 63 ans, la Tunisie obtenait son indépendance

Une manifestation pacifique a eu lieu ce matin dans le centre ville de Tunis pour commémorer l’indépendance du pays tout en réclamant la consolidation des fondements de l’Etat civil et le rétablissement des acquis de la santé publique et de l’école de la République, deux institutions en souffrance. L’indépendance du pays, obtenue le 20 mars 1956, avait été le point de départ d’une période de développement et de modernisation, aujourd’hui considérée avec beaucoup de nostalgie. Retour sur cette date historique et fondatrice.

La fin du protectorat français est le fruit des revendications portées par le Destour, le parti fondé en 1920 par le cheikh Abdelaziz Thâalbi, et plus encore le Néo-Destour, formation politique plus radicale que la précédente, fondée en 1934 par le leader Habib Bourguiba.

Dès le milieu du XIXe siècle, la Tunisie, gouvernée par un beylicat autonome de l’empire ottoman, « avait connu une modernisation sans équivalent dans le monde arabe », souligne le site d’histoire français Herodote. Elle a ainsi été le premier pays musulman à abolir l’esclavage et se doter d’une constitution. Mais les acteurs occidentaux de la finance avaient poussé le bey à s’endetter outre-mesure, l’obligeant à se placer sous le protectorat de la France.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, en novembre 1942, la Tunisie est occupée par l’armée du Troisième Reich en réponse au débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord, mais les Allemands doivent évacuer le pays dès le 13 mai 1943. En mars 1944, le général de Gaulle rétablit l’ancien protectorat. En réaction à cela, Bourguiba et ses partisans se lancent dans des actions musclées contre les autorités françaises, conduisant à une nouvelle arrestation du futur président de la République par le résident général Jean de Hauteclocque en janvier 1953.

Le 31 juillet 1954, le président du Conseil Pierre Mendès France, par son « discours de Carthage », reconnaît l’autonomie interne de la Tunisie, un pas décisif vers l’indépendance. Tout de suite après, le Néo-Destour obtient une majorité écrasante aux élections. Bourguiba, devenu le chef du gouvernement, met fin au beylicat et proclame la République le 25 juillet 1957.

Modernisation

Bourguiba obtient de la France qu’elle renonce en 1963 à sa base militaire de Bizerte. L’année suivante, le « père de l’indépendance » se lance dans la nationalisation des terres des anciens colons français. Le protectorat touche à sa fin.

Influencé par l’idéal socialiste comme la plupart des chefs d’Etat arabes de son époque, Bourguiba promeut une socialisation de l’économie mais, confronté à de fortes résistances, il décide de renouer avec un libéralisme modéré. Il se rapproche aussi du camp occidental et pro-américain dans la guerre froide qui oppose les Américains aux Soviétiques.

Dans le même temps, Bourguiba entreprend une politique de modernisation de l’éducation déjà entamée sous le protectorat. Elle a fait de la jeunesse tunisienne « la mieux formée, et de loin, du Maghreb », souligne Herodote. Il engage aussi le pays dans une voie de laïcisation modérée inspirée de la vision de l’homme d’Etat turc Kémal Ataturk. Il met ainsi fin à la polygamie et la répudiation et décide d’instaurer un code civil pour remplacer le code coranique.

« Par la modernisation et la laïcité, la Tunisie a occupé jusqu’en ce début du XXIe siècle une place particulière au sein du monde arabe, avant qu’elle ne soit […] compromise par le pouvoir personnel de Ben Ali », font valoir les historiens d’Herodote.

N.B.

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