Journée des Nations Unies : l’hommage à Mongi Slim

Journée des Nations Unies : l’hommage à Mongi Slim

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En présence d’une pléiade de personnalités nationales et de grands diplomates de la Tunisie indépendante, l’Association Tunisienne des Nations Unies (ATNU) en collaboration avec la représentation de l’ONU à Tunis a célébré ce samedi la Journée des Nations Unies en rendant un vibrant hommage lors d’une conférence-exposition organisée à la Bibliothèque nationale à la grande figure du mouvement de libération nationale Mongi Slim premier représentant permanent de la Tunisie auprès de l’organisation internationale et premier président africain de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1961.
L’Ambassadeur Ahmed Ounaies président de l’ATNU et Dimiter Chalev, Coordonnateur résident du Systèmes des Nations Unies et Représentant du Haut-commissariat aux droits de l’homme en Tunisie ont occupé la tribune tandis que parmi l’assistance on a remarqué la présence de Fouad Mebazaa, ancien président de la république par intérim, l’ancien premier ministre Hédi Baccouche, l’ancien ministre Ahmed Ben Salah et un grand nombre d’anciens ambassadeurs de toutes les générations.
Au début de la cérémonie, a été scellée symboliquement la remise des archives de la famille Slim particulièrement celles de Mongi et Taïeb Slim à l’Institut national de l’histoire du mouvement national en vue de les mettre à la disposition des historiens et des chercheurs.
L’hommage a eu lieu en deux temps. En premier, le professeur Noureddine Douggui a brossé un portrait de Mongi Slim le leader politique de 1948 lorsqu’il a pris en main la direction du Néo Destour et jusqu’en 1956, date de sa nomination comme ambassadeur à Washington après avoir été en 1954 et 1955 le principal négociateur des accords d’autonomie interne signés le 3 juin 1955puis des conventions d’indépendance conclues le 20 mars 1956.
Il a surtout rappelé les rapports difficiles qu’il a eus avec Bourguiba et de dilemme dans lequel il s’est trouvé lorsqu’il a fallu se déterminer entre ce dernier et Salah Ben Youssef. Bourguiba selon lui ne lui a jamais pardonné les résolutions prises par le congrès de Dar Slim par lesquelles est réduite de façon notable l’autorité du président du parti en faveur du secrétaire général Salah Ben Youssef.
Son rôle éminent dans les négociations sur l’autonomie interne puis son entrée au gouvernement Tahar Ben Ammar comme ministre de l’intérieur et la place qu’il tient dans les pourparlers devant mener au protocole de l’indépendance n’ont pas facilité les relations entre le « Combattant suprême » et le « Leader bien-aimé ». De sorte qu’au lendemain de l’indépendance, Mongi Slim ne figure pas dans le gouvernement que conduit Bourguiba qui préfère le nommer ambassadeur à Washington, poste qu’il cumule avec celui de représentant auprès de l’ONU lors de l’adhésion de la Tunisie à l’organisation internationale. C’est dans ces fonctions, qu’il va donner la mesure de grand talent de diplomate.
En second, ce fut ensuite au tour de l’ambassadeur Ahmed Ounaïes de rappeler le parcours exceptionnel de Mongi Slim comme représentant de la Tunisie auprès de l’ONU dès son adhésion à l’organisation internationale en novembre 1956 et jusqu’à sa nomination comme ministre des affaires étrangères en août 1962. Ce fut une période mémorable qu’il a marquée d’une empreinte indélébile puisqu’il a été de tous les combats pour la consécration de l’autorité de l’organisation internationale.
Soit comme membre du comité spécial sur la question hongroise, soit comme représentant de la Tunisie lors du bombardement de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, soit en tant que membre du Conseil de Sécurité au nom de son pays au cours des années 1959 et 1960 soit enfin comme président de l’assemblée générale des Nations Unies en 1961-62, il a toujours défendu des principes fondateurs ajoutant même à l’organisation le droit à la décolonisation qui n’était pas inscrit dans la charte des Nations Unies.
L’ambassadeur Ounaïes a longuement évoqué le rôle joué par Mongi Slim en faveur de la cause algérienne aux Nations Unies dont il a favorisé l’internationalisation ouvrant une brèche dans l’édifice colonial au sein duquel la France entend enserrer l’Algérie et qui finira par s’écrouler.
La relation particulière de Mongi Slim avec l’Organisation des Nations Unies, où il aurait pu avoir une carrière plus longue puisqu’il aurait pu en être le Secrétaire général si Bourguiba n’en avait pas mis son veto, tient aussi à une date : le premier représentant permanent tunisien auprès des Nations Unies s’est éteint le 23 octobre 1969, la veille du 24ème anniversaire de la signature de la Charte de San Francisco le 24 octobre 1945. Cette date sera célébrée tous les ans le même jour qui deviendra à partir de 1971, la journée des Nations Unies.

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