ambassade d’Equateur
© REUTERS / Hannah McKay

Julian Assange, fondateur de Wikileaks, arrêté dans l’ambassade d’Equateur à Londres

Julian Assange, fondateur de l’organisation Wikileaks, a été arrêté dans l’ambassade d’Equateur à Londres ce jeudi 11 avril, annonce The Guardian qui a relayé les informations de la police britannique. L’informaticien australien était réfugié à l’ambassade depuis juin 2012. Mais le pays a mis fin à son statut de réfugié et a invité la police britannique à pénétrer dans l’ambassade, explique Courrier International.

Le quotidien londonien Evening Standard raconte de son côté que « sur des images saisissantes, on peut voir la police extraire de force un Julian Assange à la longue barbe blanche, qui se débat et qui proteste. ‘Je les ai vus traîner quelqu’un dans un fourgon de police qui a démarré aussitôt, raconte Mark Smith, un chauffeur de taxi qui a assisté à la scène. Il y avait deux fourgons, dont un avec des policiers. Il y a eu un peu de chahut. Deux types essayaient de s’approcher de lui’ ».

Réfugié dans l’ambassade d’Equateur depuis 2012

Agé de 47 ans, Julian Assange s’était réfugié dans l’ambassade d’Equateur le 19 juin 2012 pour ne pas avoir à être envoyé en Suède où il était accusé de viol et d’agression sexuelle, une accusation qu’il a toujours rejetée. L’affaire de viol a été classée par la justice suédoise, mais M. Assange refusait de quitter le lieu, craignant d’être arrêté par les autorités britanniques et d’être extradé aux Etats-Unis pour la diffusion en 2010 de centaines de milliers de documents sur les activités militaires et diplomatiques américaines. Et un mandat d’arrêt britannique est toujours en cours pour non-respect de ses engagements en matière de liberté conditionnelle.

Le ministre de l’Intérieur britannique Sajid Javid a déclaré, cité par The Guardian, qu’il voudrait « remercier l’Equateur pour sa coopération [et la police] pour son professionnalisme. Personne n’est au-dessus des lois ». Les relations d’Assange avec les autorités équatoriennes s’étaient détériorées ces dernières années, « surtout depuis l’arrivée au pouvoir du président actuel Lenin Moreno en 2017. Sa connexion Internet a été interrompue cette année-là, et une interdiction d’accueillir des visiteurs avait été prononcée », poursuit Courrier International.

Vives réactions

L’organisation WikiLeaks a rapidement réagi sur Twitter en accusant l’Equateur d’avoir « illégalement mis fin à l’asile politique d’Assange, en violation du droit international » et d’avoir « invité » la police britannique dans l’enceinte de l’ambassade. Edward Snowden, qui avait reçu le soutien logistique de l’organisation, regrette quant à lui un « jour sombre pour la liberté de la presse ».

Moscou accuse de son côté le Royaume-Uni d’« étrangler la liberté ». « Cela met la vie d’Assange en danger et humilie l’Equateur. Jour de deuil mondial », a pour sa part écrit l’ex-président équatorien Rafael Correa sur son compte Twitter.

« En accordant sa protection au fondateur de WikiLeaks, cette figure de la gauche sud-américaine [Rafael Correa] avait trouvé une occasion en or de narguer Washington. Mais tout a changé en 2017, avec l’arrivée au pouvoir de Lenin Moreno, pour qui la présence de l’Australien constituait désormais un ‘problème’ », explique le quotidien français Le Figaro.

Ennuis judiciaires

Fondé en 2006, Wikileaks s’était surtout fait connaître trois ans plus tard avec la publication de centaines de milliers de messages de bipeurs envoyés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001. « L’ONG est ensuite allée crescendo dans ses révélations, publiant la vidéo d’une bavure de l’armée américaine en Irak, puis des milliers de documents militaires sur l’Afghanistan », rappelle encore Le Figaro. Au total, le site revendique la publication de plus de 10 millions de documents concernant la finance, le divertissement ou la politique. Mais l’image de M. Assange s’est depuis quelque peu dégradée avec la diffusion, en 2016, pendant la présidentielle américaine, de milliers de courriers électroniques piratés provenant du Parti démocrate et de l’équipe d’Hillary Clinton, qui ont contribué à discréditer la candidate de gauche.

Et les ennuis continuent de s’accumuler aujourd’hui pour Assange, soutient pour sa part France 24. L’avocate de la femme qui accuse le fondateur de Wikileaks de viol en Suède en 2010 a indiqué qu’elle allait demander au parquet la réouverture de l’enquête après cette arrestation. « Nous allons tout faire pour que les procureurs rouvrent l’enquête suédoise et qu’Assange soit remis à la Suède et traduit en justice pour viol », a ainsi indiqué Elisabeth Massi Fritz.

N.B.

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