Le juriste Kaïs Saied, en tête du premier tour du scrutin présidentiel, veut être le "président de tous les Tunisiens". Photo : AFP

Kaïs Saied : « Je ne suis le candidat d’aucun parti » (Entretien avec France 24)

Arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle tunisienne avec 18,4 % des voix, le juriste indépendant, Kaïs Saied, jugé « conservateur », estime incarner la renaissance politique dont le pays a besoin, dans un entretien exclusif avec France 24.

Kaïs Saied explique son arrivée en tête au premier tour du scrutin présidentiel par le fait qu’il incarne « le renouveau de la politique tunisienne ». « Beaucoup d’acteurs politiques tunisiens n’ont pas saisi que la Tunisie était entrée dans une nouvelle phase de son histoire. Ma candidature était indépendante, je n’ai pas mené de campagne électorale, mais une campagne explicative et c’est cela qui a fait la différence. Et le peuple tunisien, en particulier la jeunesse, a compris ce tournant dans l’histoire du pays. »

Pour lui, « les Tunisiens souhaitent entendre d’autres propos, un autre discours parce que nous sommes entrés dans une nouvelle ère ».

« Je ne suis le candidat d’aucun parti »

Evoquant les grandes lignes de la politique extérieure qu’il envisage, le spécialiste en droit constitutionnel dit ne pas souhaiter de changement de cap majeur. Pour lui, la Tunisie restera toujours un pays méditerranéen « ouvert sur nord », car « c’est son histoire ». « J’assurerai la continuité de la politique extérieure qui est actuellement menée, une politique basée sur une compréhension mutuelle. La Tunisie restera toujours un pays ouvert sur le monde, c’est son histoire même, liée à sa position géographique au coeur de la Méditerranée », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne les relations entre la France et la Tunisie, Kaïs Saied estime que les deux pays ont connu des moments « tumultueux », tout en invitant tout le monde à surmonter les traces laissées par « ces moments pour renforcer la coopération mutuelle et traditionnelle avec la France et tous les pays de l’Union européenne ».

Par ailleurs, M. Saied dément formellement les rumeurs qui font de lui le « Cheval de Troie » d’Ennahdha. Sur cette question, le candidat est sans équivoque : « Je n’ai jamais appartenu à un parti. J’ai voté pour la première fois de ma vie lors de ces élections. Je ne suis le candidat d’aucun parti, je suis indépendant et je le resterai. »

Se voulant rassembleur et rigoureusement respectueux du droit, le juriste a assuré qu’il était « le candidat de tous les Tunisiens » et qu’il essaierait de répondre à leurs attentes en se basant sur les outils juridiques définis dans la Constitution.

N.B.

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